Des migrants repêchés dans la Méditerrannée
Des migrants repêchés dans la Méditerrannée © ANSA/MAXPPP / ANSA/MAXPPP

Le chavirage d'un bateau transportant des migrants pourrait avoir fait 700 morts ce week-end au large des côtes libyennes. François Hollande a qualifié les passeurs de "terroristes". L'Union européenne réunit ses ministres concernés en urgence.

C'est peut-être la catastrophe la plus meurtrière connue par l'Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, et elle met ses membres au pied du mur, pressé d'agir enfin pour stopper l'hécatombe.

Selon une porte-parole du HCR, Carlotta Sami, les secours ont repêché 28 rescapés après le naufrage, qui a eu lieu à la limite des eaux territoriales libyennes, à environ 120 miles nautiques au sud de l'île italienne de Lampedusa. Pour l'instant, seuls 24 cadavres ont été découverts mais le bilan est certainement beaucoup plus lourd : on évoque au moins 700 passagers à bord du navire. Un survivant parle même de 950 personnes.

En Italie, ce nouveau drame a profondément choqué et alarme encore les habitants et les politiques locaux. En particulier à Catane, en Sicile : c'est là qu'opère le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

Le reportage de notre envoyée spéciale Sandy Dauphin

L'alerte a été lancée vers minuit. Le chalutier aurait chaviré lorsque les migrants se sont massés du même côté du bateau à l'approche d'un navire marchand, écrit de son côté le journal maltais Times of Malta. Vingt-huit rescapés ont été secourus après le naufrage, qui s'est déroulé à la limite des eaux territoriales libyennes, à environ 200 km au sud de l'île italienne de Lampedusa.

Les précisions en Italie d'Olivier Tosseri

Si ce drame devait être confirmé, il s'agirait d'un des plus meurtriers en Méditerranée impliquant des migrants, dont environ 900 ont perdu la vie depuis le début de l'année en tentant la traversée vers l'Europe.

L'analyse de Federico Fossi un autre porte-paroles du HCR, en Italie

Quelque 20.000 migrants sont arrivés cette année dans le sud de l'Europe, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), soit un peu moins que pendant les quatre premiers mois de 2014. Le nombre de morts est en revanche en forte hausse, les passeurs précipitant les départs pour tirer profit du chaos en Libye.

Une réunion d'urgence de l'UE sur les migrants ?

Invité sur Canal+, François Hollande veut prendre les choses en main. Il qualifie les passeurs de "terroristes"

"Les Etats membres et les agences de l'UE, en particulier Frontex, doivent prendre de nouvelles décisions concrètes, afin de mettre un terme à ces tragédies répétées", estime de son côté le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Il convient en particulier d'agir avec détermination pour diminuer, en amont, les flux migratoires irréguliers et pour renforcer la lutte contre les filières criminelles , qui exploitent sans vergogne le désespoir des migrants. Sur ces aspects, une coopération encore plus étroite avec les pays d'origine et de transit est cruciale.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se dit lui "choqué et profondément attristé". Il appelle "la communauté internationale à la solidarité et au partage de la charge face à cette crise".

Le président du Conseil italien, Matteo Renzi , a dénoncé de son côté un "massacre systématique en Méditerranée". "Comment pouvons-nous rester insensibles quand nous voyons mourir des populations entières à une époque où les moyens de communication modernes nous permettent de tout savoir ?", s'est-il interrogé pendant une réunion politique à Mantoue. Il a demandé dimanche aux chefs d'Etat et de gouvernement des autres pays de l'Union européenne de participer à une réunion d'urgence consacrée à l'immigration

Un message entendu, puisque les ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères vont justement se réunir lundi après-midi.

Réagissant lors de son homélie dominicale sur la place Saint-Pierre de Rome à cette tragédie frappant des gens qui, selon lui, "comme nous, voulaient une vie meilleure", le pape François a appelé la communauté internationale à se mobiliser pour mettre fin à de tels drames.

"Ces morts étaient prévisibles et pouvaient être évités"... C'est le message de Pierre Henry le directeur de l'association France Terre d'Asile.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.