Aboutissement de 25 années de discussion, la mer de Ross en Antarctique dernier écosystème marin intact, devient ce vendredi le plus grand sanctuaire marin de la planète.

La mer de Ross est parfois surnommée "le dernier océan" car considérée comme le dernier écosystème marin intact de la planète.
La mer de Ross est parfois surnommée "le dernier océan" car considérée comme le dernier écosystème marin intact de la planète. © Getty / Jason Edwards

Il aura fallu des années de négociation et un intérêt croissant de Moscou sur la question écologique pour que la mer de Ross, portion immaculée des eaux qui bordent l'Antarctique, devienne le plus grand sanctuaire marin au monde.

Ce vendredi, c'est donc un accord "historique" qui est créé en Australie pour préserver "le dernier océan", surnom de la mer de Ross car considérée comme étant le dernier écosystème marin intact de la planète, non pollué, non surexploité.

En signant l'accord, cette nuit en Tasmanie, le professeur Philippe Koubbi, conseiller scientifique de la France, a ressenti une grande émotion :

On a vraiment eu l’impression que cette année on avait donné un message important au reste de la planète

Pêche interdite sur 1,12 millions de km²

Présenté à Hobart, en Tasmanie, par les États-Unis et la Nouvelle-Zélande au 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR), le projet vise à créer une zone protégée dans cette baie située côté Pacifique. Avec une superficie d'au moins 1,55 millions de kilomètres carrés, la zone sanctuarisée de la mer de Ross représente une surface plus importante que celles de la France, l'Italie, le Benelux, l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche cumulés.

Cet accord, valable 35 ans, permettra notamment d'interdire la pêche sur 1,12 million de kilomètres carrés. Il ne modifiera pas, en revanche, les frontières de l'aire marine protégée (AMP).

Cette sanctuarisation, que va-t-elle apporter ?

Le maintien de la biodiversité actuelle, et son renforcement futur, cela crée des réserves de biodiversité où les espèces abondent et où donc, on peut les étudier et voir ce qu'elles ont à nous apprendre explique Philippe Koubbi

Un penguin empereur, près du Mont Erebus, sur l'île de Ross, dans la mer de Ross
Un penguin empereur, près du Mont Erebus, sur l'île de Ross, dans la mer de Ross © Reuters / Deborah Zabarenko

Toujours pas de consensus sur les autres grands projets

Si Pékin s'est joint au projet depuis 2015, si Barack Obama a fait de Papahunaumokuakea, à Hawaï, la plus grande réserve marine au monde et si Moscou, réticente en raison des restrictions de pêche, a fait de 2017 "l'année de l'écologie en Russie", les autres projets majeurs de la CCAMLR ne parviennent pas encore à réunir l'Union européenne et les 24 autres États membres de la Commission.

Aucun consensus n'a donc été arrêté lors du rassemblement annuel sur le projet d'AMP d'une zone de un million de kilomètres carrés dans l'est de l'Antarctique, ni sur le projet allemand concernant la mer de Weddell, dont les plateformes de glace sont menacées par l'incursion de courants chauds.

Une colonie de manchots d'Adélie installés sur un éperon rocheux au-dessus des piscines de fonte de glace en mer de Ross
Une colonie de manchots d'Adélie installés sur un éperon rocheux au-dessus des piscines de fonte de glace en mer de Ross © Reuters / Andy oloman

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