La Convention de la faune et de la flore marine en Antarctique doit se prononcer cette année sur le classement de la mer de Weddell en réserve marine. Cette immense étendue d’eau glacée d’environ 2 millions de km² est particulièrement riche en vie sous-marine.

Bateau en mer de Weddel
Bateau en mer de Weddel © Greenpeace

Greenpeace lance en ce début d’année une grande campagne pour soutenir le classement de la mer de Weddell en réserve marine. C’est la Convention de la faune et de la flore marine en Antarctique qui doit prendre cette décision en octobre 2018. Il s’agit d’une institution internationale, composée de 28 États-membres. Pour faire pencher la balance, un bateau de Greenpeace vient d’appareiller du Chili, direction l’Antarctique, pour documenter la vie marine dans la mer de Weddell.  

3 questions à Hélène Bourges, responsable de la campagne océan à Greenpeace. 

Pourquoi la mer de Weddell doit-elle être protégée selon vous ? 

La mer de Weddel est un refuge pour 12 espèces de baleines, 6 espèce de phoques, les manchots Adélie et les manchots empereurs
La mer de Weddel est un refuge pour 12 espèces de baleines, 6 espèce de phoques, les manchots Adélie et les manchots empereurs / Greenpeace

Hélène Bourges : C’est un vrai refuge pour la vie sauvage, il y a des dizaines d’espèces emblématiques : 12 espèces de baleines, 6 espèce de phoques, les manchots adélie, les manchots empereurs… Et à la base de tout ça, le krill. C’est une petite crevette qui est une espèce clé dans l’écosystème de l’océan Antarctique. Il y a une biodiversité très riche, très foisonnante, qu’on doit préserver. 

Un océan qui vit, c’est un océan qui respire, dans le vrai sens du terme. C’est-à-dire qu’il va absorber du dioxyde de carbone et qu’il va rejeter de l’oxygène. Donc si on préserve la vie à grande échelle dans cette zone-là, on renforce aussi nos défenses pour lutter contre le réchauffement climatique. 

La mer de Weddell est-elle mise en danger par l’activité humaine ? 

Hélène Bourges :  Pour l’instant la mer de Weddell n’est pas concernée par la pêche commerciale. Et on souhaiterait qu’elle le reste, qu’elle reste à l’abri de toute activité humaine. Mais il y a de la pêche commerciale dans d’autres zones de l’océan antarctique. On sait que dès qu’il y a des opportunités pour aller pêcher plus loin, plus profond, en général, l’industrie de la pêche le fait. Potentiellement, la pêche au krill pourrait avoir des velléités de s’étendre en mer de Weddell, où il y a beaucoup, beaucoup, de krill. La proposition de protéger cette zone, c’est pour être sûr qu’on garde cette partie de la planète intacte. 

Que va faire votre bateau, l’Arctic Sunrise, pendant son expédition dans la mer de Weddell ? 

Greenpeace espère documenter la vie sous-marine en mer de Weddel
Greenpeace espère documenter la vie sous-marine en mer de Weddel / Greenpeace

Hélène Bourges : On va rester 3 mois en mer et, principalement, on va documenter la vie sous-marine dans la zone. C’est quelque chose qui n’a jamais été fait. On emmène à bord des sous-marins habités. On va plonger jusqu’à 600 mètres et faire de la prise de vue. C’est la première fois qu’on aura des images prises en grande profondeur dans cette zone. Des scientifiques sont présents sur cette expédition et ils vont tenter de cartographier, identifier les écosystèmes marins et leurs vulnérabilités. L’idée c’est d’augmenter les connaissances sur ces zones-là qui sont encore assez inconnues, et contribuer à leur protection.

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