L'adolescente âgée de 17 ans, condamnée pour avoir frappé un soldat israélien, est sortie de prison ce dimanche au terme de huit mois de détention, accueillie comme une héroïne.

À l'approche de la libération de la jeune femme, un artiste italien termine un portrait géant d'Ahed Tamimi sur un mur de séparation israélien près de Bethléem (25 juillet).
À l'approche de la libération de la jeune femme, un artiste italien termine un portrait géant d'Ahed Tamimi sur un mur de séparation israélien près de Bethléem (25 juillet). © Maxppp / Abed al-Hashlamoun

La jeune fille de 17 ans et sa mère, Narimane, également incarcérée à la suite de l'incident, ont été transférées par des soldats israéliens de  la prison Sharon en Israël jusqu'à leur village de Nabi Salehl en Cisjordanie occupée où elles habitent. 

En larmes, l'adolescente a embrassé les membres de sa famille et les soutiens venus l'accueillir, sous les cris de la foule scandant : "Nous voulons vivre libres !"

La résistance continue jusqu'à ce que l'occupation prenne fin a crié Ahed Tamimi à la foule.

Elle a ensuite déposé des fleurs sur la tombe du dirigeant palestinien Yasser Arafat, à Ramallah et s'est rendue au siège de l'Autorité palestinienne

Devenue une icone du combat contre l'occupation israélienne 

En décembre dernier, la jeune fille avait été arrêtée puis condamnée à huit mois de prison par un tribunal militaire israélien pour avoir frappé des soldats de l'État hébreu.

Ahed Tamimi avait alors attiré l'attention internationale après la diffusion d'une vidéo la montrant frapper les soldats près de sa maison, à Nabi Saleh, en Cisjordanie occupée.

Ce 15 décembre 2017, la famille Tamimi, connue pour son militantisme, manifeste contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Un des cousins d'Ahed, Mohammed, âgé de 14 ans, est alors gravement blessé à la tête par un tir israélien de balle en caoutchouc. Une scène qui a révolté la jeune militante qui s'est ensuite retrouvée face aux soldats israéliens dans la cour de sa maison. La vidéo ci-dessus la montre, sans arme, en train de gifler, de bousculer et de donner des coups de pied à deux soldats portant un équipement de protection. 

Ahed Tamimi ne représentait aucune menace sérieuse pour les soldats, qui ne l’ont repoussée que légèrement" Amnesty International. 

Malgré les pressions internationales, la jeune femme aura donc effectué l'intégralité de sa condamnation. Par le biais d'une pétition, Amnesty International dénonçait la "tentative flagrante d'intimider ceux qui s'opposent aux atteintes aux droits humains dont sont victime les Palestiniens sous la violent occupation israélienne"

Comme Ahed Tamimi, des centaines de mineurs sont poursuivis chaque année devant des tribunaux militaires israéliens pour mineurs. Selon Amnesty International, 350 mineurs palestiniens seraient toujours retenus dans des prisons ou des centres de détention israéliens. Au moment de leur arrestation, explique l'ONG, ils sont "systématiquement privés de leurs droits et soumis à des mauvais traitements : ils ont les yeux bandés, sont menacés, font l’objet d’interrogatoires poussés et subissent parfois des violences physiques". 

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