[scald=220841:sdl_editor_representation]BAMAKO (Reuters) - L'opération Serval au Mali a rempli 70% de sa mission mais il reste encore des poches de résistance et il y aura encore des combats, a déclaré vendredi Jean-Yves Le Drian à Bamako.

Le ministre français de la Défense, qui achevait son voyage au Mali a prévenu que le travail des Français dans le pays "n'est pas complètement fini", même si Paris envisage de commencer à retirer des troupes en avril.

A peu près "70% du chemin a été fait, mais il faudra aboutir à 100%. Il y aura donc d'autres combats", a-t-il dit à la presse, expliquant que le mission fixée par le président François Hollande était de libérer l'intégralité du territoire malien.

Jean-Yves Le Drian s'est entretenu à Bamako avec les autorités de transition maliennes après avoir passé une journée dans le nord du pays avec les soldats français engagés dans des combats rapproché contre les islamistes armés.

Il a dit avoir été particulièrement surpris par l'ampleur des arsenaux découverts dans le nord du pays et vers Gao. "Ils nous ont prouvé qu'il existait bien une volonté de bâtir au Mali une base d'action internationale du terrorisme", a-t-il dit.

Jean-Yves Le Drian avait auparavant confirmé sur Europe 1 que le djihadiste français fait prisonnier ces derniers jours dans la vallée de l'Ametettai serait extradé vers la France.

"Nous avons fait un prisonnier français qui va être extradé vers la France dans les moments qui viennent", a-t-il dit, confirmant une information révélée par Libération jeudi.

"Cela montre qu'il y avait là la constitution d'une espèce de filière terroriste de guerre qui pouvait accueillir certains jeunes en quête d'un destin radical comme certains ont pu aller auparavant en Afghanistan ou en Syrie", a souligné Jean-Yves Le Drian.

François Hollande a toutefois estimé qu'on ne pouvait pas parler de filière mais de "concitoyens perdus".

"Je ne pense pas qu'on puisse parler de filière. Il y a effectivement un certain nombre de concitoyens perdus, parfois travaillés par des milieux extrémistes et fondamentalistes, qui peuvent se retrouver sur un certain nombre de théâtres d'opérations", a-t-il déclaré en marge d'un déplacement à Paris pour la Journée des Femmes.

Le chef de l'Etat a confirmé que cet homme serait "ramené en France et livré à la justice".

Concernant le djihadiste français présumé, arrêté en novembre au Mali et expulsé mardi vers la France, il s'agit d'un homme qui était "recherché par les services de police qui a été retrouvé par la police malienne", a précisé Jean-Yves Le Drian.

Les autorités françaises estiment qu'une dizaine de djihadistes français ou franco-africains sont partis au Sahel pour rejoindre des combattants islamistes.

Plusieurs ont été arrêtés dans la bande sahélienne ces derniers mois, notamment Cédric Labo Ngoyi Bungenda, un Franco-Congolais de 27 ans, interpellé en août 2012 par la police nigérienne.

Jean-Yves Le Drian a assuré vendredi que le nombre de djihadistes français ayant rejoint les rangs des combattants islamistes au Mali était relativement réduit.

"Ils sont peu nombreux, pour l'instant, nous n'en avons identifié que deux", a-t-il dit.

Tiemoto Diallo et Gérard Bon à Paris, édité par Eric Faye

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.