Drapeau palestinien
Drapeau palestinien © Maxppp / Fred de Noyelle

L'Autorité palestinienne est devenue officiellement mercredi le 123e membre de la Cour pénale internationale. Une décision qui fait grincer des dents aux États-Unis, et hurler en Israël, où l'on dénonce une décision "politique et cynique".

Pour la Palestine, cette adhésion est très symbolique, mais devra avoir aussi des effets concrets. Car la CPI, juridiction permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l'humanité, de crime d'agression et de crime de guerre, sera désormais compétente pour se saisir de tels dossiers qui concerneraient les territoires palestiniens ou des crimes commis par des Palestiniens.

Après le conflit de l'été dernier qui a fait plus de 2.100 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, le bureau du procureur de la CPI a entamé début janvier un examen préliminaire sur d'éventuels crimes de guerre, première étape d'une procédure susceptible d'aboutir à l'inculpation d'Israéliens ou de Palestiniens.

"Israël devrait présenter ses plaintes à la CPI"

Présent à La Haye, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al Maliki, a déclaré à Reuters que son gouvernement laisserait à la CPI le temps de mener ses investigations mais n'a pas exclu une saisine directe si l'enquête s'éternisait. "La Palestine recherche la justice, pas la vengeance", a-t-il assuré aux journalistes après la cérémonie officielle

Benjamin Netanyahu ne devrait pas avoir peur. Si Israël a des plaintes [contre les Palestiniens] il devrait les présenter à la CPI. Si la CPI nous demande de livrer des suspects palestiniens, nous n'hésiterons pas à le faire , même s'il s'agit de personnalités importantes du gouvernement.

Le Premier ministre israélien avait accusé le gouvernement palestinien de vouloir "manipuler" la Cour. Le ministère des Affaires étrangères israélien a dénoncé de son côté une décision "politique et cynique" de la CPI sur cette adhésion.

Le gouvernement de l'Autorité palestinienne, qui s'est associé avec le mouvement terroriste meurtrier Hamas qui commet des crimes de guerre, est le dernier à pouvoir menacer de poursuites judiciaires devant le tribunal international de La Haye

Les actions unilatérales palestiniennes, avec en tête cette adhésion au CPI, sont des violations des principes établis entre les deux parties avec le soutien de la communauté internationale pour régler le conflit israélo-palestinien.

En représailles à la décision palestinienne d'adhérer à la CPI, Israël avait gelé début janvier le transfert de 130 millions de dollars effectué tous les mois à l'Autorité palestinienne (soit les deux tiers de son budget) pour le paiement de ses fonctionnaires.

Vendredi dernier, pourtant, les autorités israéliennes ont annoncé qu'elles allaient débloquer ces fonds, invoquant des "raisons humanitaires" et "les intérêts d'Israël".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.