Depuis plusieurs jours, les séparations entre des sans-papiers et leurs enfants à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique suscite l'indignation des représentants démocrates, mais aussi d'une partie des républicains. La Première Dame a elle aussi appelé à "gouverner avec cœur".

Une manifestation contre la politique migratoire des Etats-Unis
Une manifestation contre la politique migratoire des Etats-Unis © AFP / Russ R. Scott / CrowdSpark

Petit à petit, la fronde contre la politique de l'administration Trump à la frontière mexicaine quitte les rangs de l'opposition pour s'étendre jusque dans l'entourage proche, voire très proche, du Président des Etats-Unis. Dimanche, la Première dame Melania Trump a en effet pris la parole, fait rare jusqu'à présent, pour commenter la politique nationale. Elle a dit "détester voir des enfants séparés de leur famille et espère que les deux camps du Congrès pourront enfin tomber d'accord pour faire aboutir une réforme réussie de l'immigration". 

Dimanche également, l'ancienne Première dame Laura Bush, épouse de George W. Bush, a signé une tribune dans le Washington Post pour dénoncer la séparation de quelque 2 000 enfants de leurs parents sans-papiers. "C'est immoral et ça me brise le cœur, ces images rappellent étrangement les camps d'internement américains de Japonais durant la Seconde guerre mondiale", a-t-elle déclaré. 

"Tolérance zéro" ?

Depuis début mai, le ministère de la Justice ordonne l'arrestation de tous les migrants qui tentent de passer illégalement du Mexique aux Etats-Unis. Or, lorsqu'ils sont accompagnés d'enfants, ces derniers ne peuvent être emprisonnés. Vendredi, l'administration judiciaire a communiqué des chiffres : en six semaines, quelque 2 000 enfants ont donc été séparés de leur parents et placés soit dans des familles d'accueil soit, pour la plupart, dans des centres de rétention. 

Lundi, c'est l'ONU qui s'est prononcée sur la question : "Penser qu'un Etat puisse chercher à dissuader des parents en infligeant des mauvais traitements pareils à des enfants est inadmissible", a déclaré le haut-commissaire Zeid Ra'ad Al Hussein. Le président Trump et son administration sont en effet accusés par l'opposition démocrate de manipulation : dans un tweet, Donald Trump a rejeté la faute sur les représentants républicains au Congrès, affirmant que ceux-ci empêchent l'adoption d'une nouvelle loi sur l'immigration au Congrès, et qu'en attendant, il doit appliquer la loi actuelle qui prône cette "tolérance zéro". 

"Humanité zéro" ?

"Ils appellent cela 'tolérance zéro' mais un meilleur nom est 'humanité zéro', et il n'y a absolument aucune logique pour cette politique", a déclaré le sénateur Jeff Merkley, qui a visité un supermarché transformé en centre d'accueil pour 1 500 migrants. Pour la sénatrice texane Sheila Jackson-Lee, "il n'y a pas de loi, il n'y a pas de politique qui permette d'arracher des enfants à leurs familles". 

Cette politique migratoire divise jusque dans les rangs des élus républicains : deux propositions de loi devraient être examinées la semaine prochaine au Congrès, la première essentiellement tournée vers l'aile dure du parti, l'autre visant à réconcilier les modérés et les conservateurs, mais qui prévoit en son sein le budget de 25 milliards de dollars prévus pour construire le fameux mur, promis par Donald Trump, à la frontière mexicaine. 

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