Des dizaines de milliers de manifestants continuent d'occuper les rues de plusieurs quartiers de Hong Kong mercredi matin. La cérémonie marquant la Fête nationale chinoise, se déroule dans une atmosphère gênée.

Un mouvement populaire et civil

La révolte des parapluies
La révolte des parapluies © Radio France

La Chine, à laquelle l'ancienne colonie britannique a été rétrocédée en 1997, administre ce territoire suivant le principe "un pays, deux systèmes" qui garantit à ce dernier un degré d'autonomie. Selon les organisateurs, au moins 80 000 personnes ont ,envahi les rues depuis que l'intervention policière musclée contre des étudiants, dans la nuit de vendredi à samedi, a galvanisé le mouvement démocrate. Aucune estimation indépendante n'a pu être fournie pour confirmer ce chiffre.

Les manifestants se sont rassemblés dans quatre des zones les plus fréquentées de la ville: l'Amirauté où se trouve le siège du gouvernement, Central, le quartier des affaires, Causeway Bay, la principale zone commerciale, et Mong Kok, quartier très densément peuplé de Kowloon. Se préparant à un mouvement appelé à durer, les manifestants se sont ravitaillés en fruits, bouteilles d'eau, biscuits, imperméables, serviettes, masques et toiles de tente. Sur l'un des lieux de manifestation, des camionnettes ont été garées en cercle afin de bloquer la rue.

Le reportage de Philippe Reltien dans les rues de Hong-Kong

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Une intervention policière ?

La révolution des parapluies à Hong-Kong
La révolution des parapluies à Hong-Kong © REUTERS/Tyrone Siu / REUTERS/Tyrone Siu

Depuis les violents heurts survenus ce week-end, la police anti-émeute se tient à l'écart mais certains redoutaient une nouvelle intervention à l'occasion de la célébration du 65e anniversaire de la création du Parti communiste chinois en 1949. Une cérémonie de lever de drapeaux, celui de la Chine et celui de Hong Kong, s'est déroulée sans incident sur la place Bauhinia près de laquelle quelques centaines de manifestants s'étaient rassemblés après un appel au calme lancé sur internet. Certains contestataires ont sifflé lorsqu'a retenti l'hymne national tandis que le chef de l'exécutif de la "région administrative spéciale", Leung Chun-ying, serrait tout sourire la main de plusieurs de ses partisans présents.

Ni la cérémonie de la matinée, ni les orages et la pluie de la nuit n'ont toutefois entamé l'atmosphère de fête qui règne parmi les manifestants, en majorité des étudiants fédérés par le mouvement Occupy Central créé en janvier 2013, qui réclament des élections libres et la démission de Leung au pouvoir depuis 2012. Ce dernier, mis en demeure par les chefs de file étudiants de la contestation de venir s'expliquer devant eux, a dit que Pékin ne céderait pas face à des manifestations considérées comme illégales, mais a aussi déclaré que la police de Hong Kong serait capable d'assurer l'ordre sans l'aide de l'Armée populaire de libération (APL). Dans un message publié mardi soir, Leung Chun-ying a une nouvelle fois appelé les manifestants à quitter les lieux . "L'impact sur l'image internationale de Hong Kong est de plus en plus fort", a-t-il dit. "J'espère que vous y réfléchirez tous."

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