Le leader de la campagne pro-Brexit Boris Johnson a annoncé ce jeudi qu'il n'était plus candidat à la succession de David Cameron au poste de Premier ministre.

Boris Johnson annonce son retrait de la course au poste de Premier ministre
Boris Johnson annonce son retrait de la course au poste de Premier ministre © Reuters / Toby Melville

Dans une allocution, l'ex maire de Londres Boris Johnson a énuméré  les tâches qui attendent le futur chef de gouvernement britannique, et  a déclaré " cette personne ne peut pas être moi".

Boris Johnson, chef de file du camp favorable au Brexit, était pressenti pour remplacer Cameron en septembre. Mais ces derniers jours, une autre personnalité est apparue dans les rangs conservateurs, moins clivante et anti-Brexit comme Cameron :  l'actuelle ministre de l'Intérieur Theresa May, qui avait pris parti contre le départ de l'Union européenne. Ils faisaient tous deux   figure de favoris aux yeux des bookmakers pour remplacer le Premier ministre britannique, qui a annoncé qu'il démissionnerait en septembre.

Jusqu'à ce jour, Theresa May était en tête : 36 % des adhérents conservateurs la soutiennent, selon un sondage du quotidien The Times. Elle fait figure de candidate du compromis, puisque malgré sa position personnelle pendant la campagne, elle a d'ores et déjà promis de respecter le verdict du référendum. "Brexit, cela veut dire Brexit", a déclaré la ministre. "La campagne a été disputée, le scrutin s'est tenu et le public a rendu sa décision", a-t-elle poursuivi, tout en indiquant qu'il ne fallait pas activer la procédure de sortie avant la fin de l'année.

Deux finalistes à désigner

Parmi les autres candidats à s'être déclarés, figure le ministre de la Justice Michael Gove, partisan du Brexit mais qui avait déjà déclaré que Boris Johnson n'a  pas les capacités de diriger le pays. L'ancien maire de Londres est soutenu par 27% des adhérents, selon le sondage du Times, suivi par la ministre du Département de l'Énergie Andrea Leadsom et de Stephen Crabb, ministre du Travail, à égalité (7%).

Sur l'ensemble des candidats en lice, deux seulement seront retenus par les députés tories et soumis au vote des membres du Parti conservateur.

Dans le cas de figure où elle aurait été  opposée à Johnson, May aurait été  soutenue par 55% des membres du Parti conservateur contre 38% pour ce dernier, précise le sondage YouGov. Dans une tribune publiée jeudi en une du Times, elle critique à mots à peine couverts son probable rival, et promet : "Je réunifierai la Grande-Bretagne".

La ministre se décrit comme le porte-drapeau des Britanniques ordinaires, et affirme qu'elle est plus à même de comprendre leurs vies que son concurrent, élève de la prestigieuse école d'Eton et issu de la haute bourgeoisie. "Honnêtement, à Westminster, tous ne comprennent pas ce que c'est que de vivre comme ça. Et certains ont besoin d'entendre que ce que fait le gouvernement n'est pas un jeu", écrit-elle.

Theresa May a prôné le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne mais a été moins présente dans la campagne que David Cameron et son ministre des Finances, George Osborne, dont les espoirs de prendre la tête du Parti Tory ont volé en éclats après la victoire du Brexit. Dès lundi soir, le Chancelier de l'Echiquier s'est d'ailleurs retiré de la course. "Je ne suis pas la personne capable d'apporter l'unité dont mon parti a besoin en ce moment", a-t-il écrit dans une tribune publiée par le Times.

Côté travailliste, la députée Angela Eagle annoncera jeudi qu'elle compte briguer la direction du Labour, dont l'actuel chef Jeremy Corbyn est fortement contesté depuis le référendum, certains lui reprochant de ne pas avoir fait suffisamment campagne en faveur du "maintien". Celui-ci a exclu de démissionner, soulignant qu'il a été élu l'an dernier par la base du parti d'opposition.

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