[scald=109619:sdl_editor_representation]par Mariam Karouny et Suadad al-Salhy

BAGDAD (Reuters) - Les dirigeants arabes ont mis jeudi le président syrien Bachar al Assad au défi de mettre en oeuvre le plan de paix de Kofi Annan, qu'il a accepté dans son principe, alors que les violences continuent sans relâche dans le pays.

"La solution à cette crise reste entre les mains des Syriens, gouvernement comme opposition", a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elarabi, aux chefs d'Etat de l'organisation réunis à Bagdad.

Suspendue des instances de la Ligue arabe en novembre dernier, la Syrie ne participe pas à ce sommet, le premier en Irak depuis 1990. Damas a prévenu qu'il n'accepterait aucune initiative émanant de l'organisation panarabe mais traiterait avec les Etats individuellement.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, n'en a pas moins maintenu la pression sur Bachar al Assad, l'exhortant à mettre en oeuvre le plan Annan afin de détourner son pays d'une "trajectoire dangereuse" pour toute la région.

Kofi Annan, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie, a présenté un plan en six points approuvé par le Conseil de sécurité qui prévoit entre autres l'arrêt des combats, le retrait des armes lourdes et de l'armée des centres urbains et l'ouverture d'un dialogue politique.

Damas a accepté cette proposition, a annoncé mardi Kofi Annan lors d'une visite en Chine mais c'est son application par toutes les parties et à tous les niveaux qui sera déterminante, a souligné l'émissaire.

"Il est essentiel que le président Assad mette en oeuvre immédiatement ces engagements. Le monde attend que ces engagements se transforment en actes. Il n'y a pas de temps à perdre", a souligné Ban Ki-moon jeudi à Bagdad.

CLINTON À RYAD

Les puissances occidentales restent sceptiques quant à la volonté du régime syrien d'appliquer le plan de Kofi Annan. Les affrontements entre forces et rebelles syriens ont encore fait au moins 15 morts jeudi.

Dans la province de Hama (centre), deux soldats ont trouvé la mort une embuscade et trois civils ont péri dans des accrochages, rapporte l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH). Dans celle d'Idlib (nord), trois civils ont été tués dans un raid lancé par l'armée dans une région rurale proche de la ville de Maarat al Nouaman.

A Homs, trois personnes ont péri sous les balles de l'armée. Deux autres sont mortes dans des villages près de la frontière libanaise, toujours selon l'OSDH.

Selon l'agence de presse officielle syrienne Sana, deux colonels de l'armée syrienne ont été assassinés à Alep (nord) par quatre "terroristes".

Les Nations unies évaluent à 9.000 morts le bilan de la répression du soulèvement en Syrie. Damas fait état de 3.000 tués dans les rangs de ses forces de sécurité.

Au sein de la Ligue arabe, l'Arabie saoudite et le Qatar sont en pointe pour tenter d'isoler le gouvernement syrien, suggérant d'armer l'opposition.

Mais d'autres pays comme l'Algérie ou l'Irak plaident en faveur d'une approche plus prudente, redoutant que le renversement d'Assad ne débouche sur des violences interreligieuses.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton doit partir jeudi pour l'Arabie saoudite et la Turquie à l'occasion d'une tournée dominée par la crise syrienne.

Mais l'administration de Barack Obama ne semble pas vouloir se départir de sa politique de non-intervention.

A Istanbul dimanche, la chef de la diplomatie américaine assistera à la deuxième réunion des "Amis de la Syrie" pour exhorter l'opposition syrienne à s'unir face à Damas.

La Belgique a annoncé jeudi la fermeture de son ambassade de Damas en raison de l'aggravation de la situation. La France, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la Turquie ont déjà fermé leur mission à Damas.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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