la syrie envoie à l'onu une demande d'adhésion à la ciac
la syrie envoie à l'onu une demande d'adhésion à la ciac © reuters

Son ambassadeur à l'Onu l'a annoncé dans la nuit : la Syrie est désormais membre à part entière de la Convention pour l'interdiction des armes chimiques. Un premier pas pour une sortie de crise, certes, mais il en reste beaucoup à faire.

"Légalement parlant, la Syrie est devenue, à compter d'aujourd'hui, un membre à part entière de la Convention", lance Bachar Djaafari. Immédiatement, plusieurs diplomates contestent, jugeant que d'autres étapes seront nécessaires.

Il n'empêche : le président syrien aurait signé un décret pour "approuver l'adhésion de la République arabe syrienne à la Convention" et le ministre des Affaires étrangères Walid al Moualem a écrit à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) afin de lui notifier cette décision.

"Les armes chimiques syriennes sont un simple moyen de dissuasion contre l'arsenal nucléaire israélien", a poursuivi le diplomate, brandissant ce qu'il a présenté comme un rapport de la CIA sur les armes chimiques de l'Etat hébreu.

Il s'agit d'une arme de dissuasion et le moment est venu maintenant pour le gouvernement syrien d'adhérer (à la Convention) pour montrer que nous sommes hostiles à toutes les armes de destruction massive.

Sous la menace d'une intervention militaire américaine, Damas a accepté l'offre de Moscou qui propose de placer son arsenal sous contrôle international.

La Syrie était l'un des sept Etats non signataires de la CIAC. Entrée en vigueur en 1997, elle exige des Etats membres la destruction de toutes les armes chimiques.

Américains et Russes "d'accord sur rien"

Quid désormais des conséquences d'un non-respect de cette convention ? On n'en sait pas beaucoup plus, puisque les Etats-Unis et la Russie ne parviennent pas à s'entendre. John Kerry, chef de la diplomatie américaine, et son homologue russe Sergueï Lavrov ont étalé leurs divergences hier dès l'ouverture de leurs discussions sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien, qui viennent de s'ouvrir pour deux jours à Genève.

Les précisions de Frédéric Carbonne à Washington.

Le premier a rappelé que les Etats-Unis n'avaient toujours pas exclu de recourir à la force en cas d'échec de la voie diplomatique et le second a invité Washington à mettre ses menaces de côté.

"Le président Obama a clairement fait savoir qu'en cas d'échec de la diplomatie, la force pourrait être nécessaire pour dissuader Assad de recourir à ces armes et pour dégrader sa capacité à le faire", a déclaré John Kerry, s'exprimant aux côtés son interlocuteur.

"Nous partons du principe que la solution de ce problème rendra toute frappe contre la République arabe syrienne inutile", a rétorqué ce dernier. "Je suis certain que nos collègues américains, comme l'a dit le président Obama, sont fermement convaincus que nous devons suivre la voie diplomatique pour résoudre le conflit syrien", a ajouté Sergueï Lavrov.

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image lien dossier Syrie OK © Radio France

Le secrétaire d'Etat américain n'a par ailleurs par caché le scepticisme de Washington à l'égard des promesses de Damas, qui s'est engagé à adhérer à la Convention pour l'interdiction des armes chimique, ce qui suppose de fournir dans les 30 jours un inventaire de son arsenal.

Nous pensons qu'il n'y a rien de standard à ce stade dans ce processus en raison de la façon dont le régime s'est comporté, pas seulement en ce qui concerne l'existence des armes mais parce qu'elles ont été utilisées. Il y a beaucoup d'attentes. Elles sont importantes pour les Etats-Unis, peut-être encore plus pour la Russie. Il ne s'agit pas d'un jeu et je l'ai dit à mon ami Sergueï quand nous en avons parlé initialement.

Ce doit être réel. Ce doit être complet. Ce doit être vérifiable. Ce doit être crédible. Ce doit être accompagné d'échéances et mis en oeuvre conformément aux échéances et enfin il doit y avoir des conséquences si cela ne se produit pas.

Un projet de résolution de l'Onu rédigé par la France exige de la Syrie qu'elle dresse l'inventaire de son arsenal chimique dans les 15 jours suivant l'adoption du texte au Conseil de sécurité et brandit la menace de sanctions, y compris militaires, en cas de non respect de ses dispositions, ce qui n'est pas du goût de Moscou.

En Syrie, la situation est toujours très tendue. Reportage à Homs, l'une des villes-martyrs de ce conflit, avec Valérie Crova.

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