washington et paris déterminés à "sanctionner" bachar al assad
washington et paris déterminés à "sanctionner" bachar al assad © reuters

En Syrie, le pouvoir prévient : s'il se sent menacé, il y aura une riposte sévère. Les Etats-Unis continuent à envisager une intervention, avec l'aide la France. La Russie qualifie "d'absurdités" l'utilisation d'armes chimiques par Damas.

L'armée syrienne "est mobilisée, elle a le doigt sur la gâchette". La phrase est du Premier ministre syrien Waël al-Halqi. "L'armée est prête à faire face à tous les défis et à tous les scénarios", ajoute-t-il. Dans la journée, le pouvoir se disait aussi prêt à faire face à une attaque "à tout moment".

Bref les autorités syriennes donnent le change : elles assurent qu'elles sont prêtes à encaisser et à réagir à des frappes aériennes américaines.

"Cette agression (occidentale) non justifiée ne passerait pas sans une riposte", explique un haut responsable. Pour lui, les partisans de ces frappes défendent "une mauvaise cause, qui n'a rien à voir ni avec la morale, ni le droit international".

Des frappes dont tout le monde parle à Damas. Antoine Mariotti est le correspondant de France 24 dans la capitale syrienne.

Les experts donneront leur verdict dans deux semaines

Les inspecteurs de l'Onu en Syrie sont rentrés, eux, avec des prélèvements effectués sur les sites de l'attaque chimique présumée du 21 août. Leur avion a atterri dans l'après-midi à Rotterdam aux Pays-Bas, selon un porte-parole de l'aéroport.

Ils devaient ensuite rejoindre La Haye et le siège de l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques). Les prélèvements qu'ils rapportent de la banlieue de Damas seront alors répartis dans différents laboratoires pour des analyses qui, selon le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, pourraient prendre deux semaines.

Une intervention avant ?

Mais les Etats-Unis pourraient ne pas attendre. Hier, ils ont annoncé qu'ils considéraient le gouvernement syrien comme responsable de l'attaque du 21 août qui a fait, selon les services de renseignement américains, plus de 1.400 morts, et qu'ils envisageaient une riposte militaire limitée.

Ni le moment, ni les modalités de cette intervention n'ont été précisés. Elle devrait vraisemblablement se faire à partir des cinq frégates équipées de missiles de croisière dont Washington dispose en Méditerranée.

"Nous ne pouvons accepter un monde où les femmes et les enfants et des civils innocents sont gazés à une échelle terrible", a déclaré vendredi Barack Obama à la presse.

En France, François Hollande s'est dit "déterminé" à "punir" le régime de Damas, sans préciser les modalités. Jean-François Copé, lui, appelle à "attendre les conclusions des inspecteurs de l'ONU" avant toute action.

Près des deux-tiers des Français (64%) sont opposés à une intervention militaire de la France au sein d'une coalition internationale contre le régime de Bachar al Assad, selon un sondage BVA publié samedi par le Parisien-Aujourd'hui en France.

Le ton monte côté russe

Le principal allié du gouvernement syrien, la Russie, maintient sa position d'origine : ce sont les rebelles qui ont mené l'attaque du 21 août, par provocation. Le président russe Vladimir Poutine explique même qu'à ses yeux, l'usage d'armes chimiques par l'armée syrienne serait "une absurdité complète". Il veut profiter du sommet du G20, la semaine prochaine à Saint-Pétersbourg pour discuter plus sereinement de la crise syrienne.

Samedi, la Russie a déclaré que les menaces américaines d'une intervention en Syrie étaient "inacceptables" et que Washington violerait le droit international si une action était décrétée sans l'aval du Conseil de sécurité de l'Onu.

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