près de la moitié de la population mondiale craint des tortures en cas d'incarcération, selon amnesty
près de la moitié de la population mondiale craint des tortures en cas d'incarcération, selon amnesty © reuters

C'est un rapport qui choque jusqu'au plus haut niveau, où Barack Obama a dénoncé des méthodes "contraires" aux valeurs des États-Unis. Le Sénat américain accuse la CIA d'avoir mis en place des "techniques d'interrogatoire poussé" brutales et inefficaces.

On savait déjà que la CIA post-11-Septembre avait employé des méthodes plus que discutables moralement, mais l'agence avait jusqu'ici toujours minimisé ces exactions, ou a minima assuré qu'elles étaient un mal nécessaire pour obtenir des renseignements et déjouer d'éventuelles menaces contre les États-Unis. Le rapport de la commission sénatoriale du Renseignement dit pourtant le contraire.

La fin ne justifiait pas les moyens

Il accuse même la CIA d'avoir trompé les décideurs politiques sur ses méthodes et leur efficacité. Y compris Barack Obama lui-même, qui selon le rapport n'aurait jamais été pleinement informé des techniques d'interrogatoire et plus globalement de ce qui se passait dans les prisons secrètes de l'agence. Le président américain s'est d'ailleurs publiquement indigné de ces méthodes "qui ont fortement terni la réputation de l'Amérique dans le monde".

Aucune nation n'est parfaite. Mais une des forces de l'Amérique est notre volonté d'affronter ouvertement notre passé, faire face à nos imperfections, et changer pour nous améliorer. Certaines des actions qui ont été menées étaient contraires à nos valeurs, c'est la raison pour laquelle j'ai explicitement banni la torture lorsque j'ai pris mes fonctions.

La CIA aurait aussi menti sur l'une de ses plus symboliques réussites, la capture et la mort d'Oussama Ben Laden : la CIA avait assuré qu'elle avait été rendue possible par des informations recueillies dans le cadre de ce programme. Les renseignements auraient en fait été obtenus... via des témoignages volontaires.

Le document, dont l'élaboration a demandé plusieurs années, retrace l'histoire du programme "Rendition, Detention and Interrogation" ("Extradition, détention et interrogatoires") de la CIA, autorisé par George W. Bush après le 11-Septembre.

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