La Tunisie en campagne. Ici affiche islamiste
La Tunisie en campagne. Ici affiche islamiste © / CTC

Plus de 5 millions de Tunisiens sont convoqués aux urnes ce dimanche pour élire leurs députés, quatre ans après la chute de Ben Ali. Les questions économiques sont au coeur de cette campagne législative, qui se déroule dans un contexte tendu.

Conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution tunisienne, adoptée en début d'année et qui instaure un régime parlementaire, 13.000 candidats répartis sur 1.300 listes - paritaires - et 33 circonscriptions sont en concurrence pour les 217 sièges à pourvoir.

Espoirs et déception

Depuis la "Révolution de Jasmin", ce sont les premières élections législatives libres, second scrutin démocratique si l'on compte l'élection de l'Assemblée Constituante. Mais entre les islamistes d’Ennahdha et le retour des anciens partisans de Ben Ali, les Tunisiens doutent, et ne voient toujours pas arriver les promesses de la Révolution.

Exemple à Paris, où les Tunisiens s'apprêtent à voter à distance, avec le reportage de Claire Chaudière :

Affiches électorales en Tunisie
Affiches électorales en Tunisie © Radio France / Laurent Macchietti

Si les premières élections libres, celles de l'Assemblée Constituante, avaient été marquées par un débat sur la place de l'Islam dans le pays, et l'identité tunisienne, cette fois, c'est la dure réalité économique qui devraient pousser les électeurs vers les urnes. Selon les chiffres officiels, 30% des jeunes diplômés sont actuellement au chômage en Tunisie.

Violences

Ce jeudi, des tirs ont éclaté à Oued Ellil, dans la banlieue Ouest de Tunis, entre les forces de l'ordre et des "éléments terroristes " selon les mots du ministère de l'Intérieur, qui explique que ce groupe islamiste comptait préparer des attentats dans la capitale avant les élections. Un gendarme est mort dans ces affrontements; un autre a été blessé. La Tunisie craint une recrudescence des attaques djihadistes d'ici dimanche. Des dizaines de milliers de policiers et de gendarmes devraient être déployés le jour du scrutin.

Depuis la révolution, plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre, ainsi que deux opposants à Ennahda ont été tués.

Les explications d'Yves Izard

Vers un probable gouvernement de coalition

Aucun des principaux partis ne semble en mesure d'obtenir une majorité claire. La formation d'un gouvernement d'unité nationale serait donc le scénario le plus probable. Le parti islamiste Ennahda, dirigé par Rached Ghannouchi (40% des voix en 2011), se dit ouvert à une coalition. Les islamistes avaient quitté le pouvoir après l'assassinat de deux membres de l'opposition, cédant la place à un gouvernement de techniciens. Ils restent favoris pour ce scrutin si l'on en croit les sondages. Les laïcs devraient se joindre à eux.

Après les législatives de dimanche, l'élection présidentielle se tiendra le 23 novembre. 27 candidatures ont été approuvées, dont celles de cinq anciens ministres de Ben Ali, et de l'actuel président tunisien Moncef Marzouki. Ennahda n'a pas présenté de candidat.

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