La Russie et la Turquie ont confirmé qu'il s'agissait d'un avion russe
La Russie et la Turquie ont confirmé qu'il s'agissait d'un avion russe © Reuters / Kayhan Ozer

Deux chasseurs F-16 turcs ont abattu mardi près de la frontière avec la Syrie un avion de combat de fabrication russe qui avait violé l'espace aérien turc, d’après les autorités turques.

Le ministère russe de la Défense conteste cette version. Les Russes assurent être en mesure de prouver que le chasseur, un SU-24, est resté en permanence dans l'espace aérien de la Syrie.

"Aujourd'hui, en territoire syrien, apparemment en conséquence de tirs provenant du sol, un SU-24 du groupe d'aviation russe en République arabe de Syrie s'est écrasé", a affirmé le ministère russe.

L'avion volait à une altitude de 6.000 mètres. Le sort des pilotes n'est pas encore déterminé avec certitude. Selon les premières informations, ils ont été en mesure de s'éjecter.

Le sort des pilotes

"Pendant toute la durée du vol, l'avion est resté exclusivement au-dessus du territoire syrien. Cela a été enregistré grâce à des méthodes fiables de contrôle", poursuit le communiqué russe. L'un des pilotes est aux mains de combattants rebelles turkmènes du nord de la Syrie, rapporte la chaîne CNN Turk, citant des sources locales. Des hélicoptères de l'armée russe sont à la recherche des pilotes, rapporte l'agence de presse turque Dogan.

Des consultations avec l’Otan

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a été informé de l'incident par le chef d'état-major de l'armée et le Premier ministre, Ahmet Davutoglu, a ordonné des consultations avec l'Otan, à laquelle appartient la Turquie, ainsi qu'avec les Nations unies et les pays concernés, indiquent leurs services.

Conférence de presse commune de Barack Obama et François Hollande

"L'événement qui s'est produit est grave et éminemment regrettable", a déclaré François Hollande aux côtés de son homologue américain Barack Obama, lors d'une conférence de presse mardi soir à Washington. "Ce qui vient de se produire oblige encore à trouver une solution pour résoudre la crise syrienne, car nous voyons les risques autrement d'un embrasement général", a ajouté le chef de l'Etat français. "Toute escalade (...) serait extrêmement dommageable par rapport à la seule cause qui convienne, qui est de lutter contre le terrorisme et contre Daech". Le président américain a estimé de son côté que "la Turquie comme tous les pays a le droit de défendre son intégrité territoriale et son espace aérien".

Dix avertissements

L'armée turque dit avoir lancé dix avertissements en l'espace de cinq minutes pour violation de l'espace aérien, une affirmation confirmée par le Pentagone. L'avion s'est écrasé dans une zone montagneuse du nord de la province de Lattaquié, où les forces gouvernementales syriennes combattent la rébellion et où des bombardements ont déjà eu lieu. L'aviation russe et l'aviation syrienne ont déjà mené des frappes dans ce secteur. Moscou a lancé fin septembre une campagne de frappes aériennes en soutien du régime syrien.

Zones peuplées de civils

La chaîne privée Haberturk TV a diffusé des images de l'appareil en flammes tombant dans une zone boisée. Selon elle, l'avion s'est écrasé dans la région connue sous le nom de mont Turkmène, dans le nord de la Syrie.

La semaine dernière, l'ambassadeur russe à Ankara avait été convoqué par les autorités turques pour recevoir une protestation officielle concernant les "intenses" bombardements de villages turkmènes du nord de la Syrie par l'aviation de son pays. Ces raids menés dans des zones peuplées de civils pourraient avoir de "graves conséquences", a dit à cette occasion le ministère turc des Affaires étrangères. La Turquie se veut solidaire des populations turkmènes du nord de la Syrie, qui sont d'ascendance turque. Selon un responsable turc interrogé lundi, environ 1.700 personnes ont fui en trois jours les régions montagneuses du nord de la Syrie frontalières avec la Turquie après des bombardements.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.