Des Syriens sur l'île de Lesbos
Des Syriens sur l'île de Lesbos © MaxPPP

L’accord signé entre l’Union européenne et la Turquie entre en vigueur ce lundi. Il doit permettre de réduire le flux migratoire en Europe. La Turquie accueillera dans quelques heures les premiers réfugiés arrivés de Grèce.

Quelques 750 Syriens devraient quitter l’île grecque de Lesbos pour être envoyés en Turquie sur des bateaux de l’agence européenne Frontex, dans 24 heures. En échange, certains Syriens actuellement réfugiés en Turquie seront accueillis en Europe, en vertu de l'accord signé. Mais l'Union Européenne a prévenu qu'elle n'irait pas au-delà de 72.000 réfugiés accueillis.

Les premiers renforts français à Frontex arrivent ce week-end

Pour aider Frontex en Grèce, le ministère français de l'Intérieur a envoyé ce week-end des policiers français sur place. 50 CRS devaient ainsi arriver ce samedi. 22 agents de la préfecture de police de Paris et 50 gendarmes supplémentaires viendront également renforcer les effectifs de Frontex dans les jours qui viennent.

Les précisions de Claire Le Nestour.

Certains réfugiés seront accueillis en France, ce qui là aussi nécessite le déploiement d’équipes dédiées pour préparer leur arrivée. 4 agents de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides arriveront ce lundi en Grèce. L’Office français de l’Immigration et de l’Intégration devrait également envoyer quelques délégués pour aider à l’enregistrement des demandes d’asile. C’est une fois ces équipes en place et opérationnelles que le travail de relocalisation pourra commencer. La France a déjà donné son accord pour l’accueil de 81 Syriens actuellement réfugiés en Turquie.

Le voyage des réfugiés de la Grèce vers la Turquie

Aucun détail concret n’a été communiqué sur le lieu ni la durée de l’accueil de ces migrants en Turquie. La construction annoncée d’un premier centre à Dikili sur la côte n’a pas démarré selon des médias turcs. Eau et électricité seraient par contre installés sur un terrain plus au sud à Cesme, où des tentes devraient être dressées selon le maire de la ville cité par l’agence Anatolie.

Mais il reste d’autres zones d’ombre. Ces migrants seront-ils ensuite directement accueillis en Europe, ou renvoyés en partie vers les camps construits ces cinq dernières années en Turquie ? Plusieurs milliers de réfugiés syriens, sur les 2,7 millions d’accueille le pays, y vivent déjà dans de bonnes conditions de l’avis de plusieurs ONG. Seule Amnesty International se dit préoccupée par les centres de détention que compte par ailleurs la Turquie. Là les migrants n’auraient accès à aucune communication. L’ONG estime que la Turquie n’est pas un endroit sûr pour eux. Elle a d’ailleurs dénoncé des expulsions vers la Syrie depuis janvier, et craint que les personnes renvoyées de Grèce ne subissent le même sort.

Les précisions de Camille Lafrance, notre correspondante à Istanbul.

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