Un policier turc après l'attaque d'officiers de Diyarbakir en Turquie
Un policier turc après l'attaque d'officiers de Diyarbakir en Turquie © Reuters

Au lendemain d'un violent accrochage à la frontière turco-syrienne, l'armée de l'air a mené un raid aérien sur des positions djihadistes en Syrie. Et la police a procédé ce vendredi matin à une énorme vague d'arrestations, notamment à Istanbul.

La Turquie passe à la vitesse supérieure. Tôt ce vendredi matin, trois chasseurs F-16 de l'armée de l'air turque ont bombardé plusieurs objectifs tenus par les terroristes d'Etat Islamique en territoire syrien."Ces opérations ne sont pas ponctuelles, elles vont se poursuivre" prévient le Premier Ministre turc Ahmet Davutoglu.

Les précisions de notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Réponse militaire à plusieurs attaques sanglantes.

Les avions ont frappé avant la levée du jour "deux quartiers généraux et un point de ralliement" des combattants, avant de regagner leur base de Diyarbakir (sud-est). Selon l'agence de presse Dogan, les cibles étaient localisées autour du village de Havar, face à la province turque de Kilis (sud). "La République de Turquie est déterminée à prendre toutes les précautions pour défendre la sécurité nationale ", explique dans un communiqué le Premier Ministre turc Ahmet Davutoglu. "Ces frappes ont été décidées lors d'une réunion de sécurité qui s'est tenue jeudi soir ".

Conseil de sécurité autour du Premier Ministre turc après les attaques
Conseil de sécurité autour du Premier Ministre turc après les attaques © MaxPPP

Jeudi, des combattants jihadistes ont en effet ouvert le feu depuis la Syrie sur un poste frontalier de l'armée turque dans la région de Kilis , tuant un sous-officier et blessant deux autres soldats, selon l'état-major. Des chars turcs ont immédiatement riposté en ouvrant le feu sur une position jihadiste, tuant un de ses combattants et endommageant trois de ses véhicules. Et lundi,un attentat suicide, attribué par la Turquie au mouvement jihadiste, a visé des militants prokurdes à Suruç (sud), près de la frontière syrienne, faisant 32 morts et une centaine de blessés.

Collaboration avec les Etats-Unis

Ce jeudi soir, le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue américain se sont longuement entretenus par téléphone. Washington faisait pression depuis longtemps sur Ankara pour un début d'intervention militaire turque. La Turquie a aussi autorisé les Etats-Unis à utiliser plusieurs de ses bases aériennes , dont celle d'Incirlik (sud) pour mener des raids aériens contre des cibles jihadistes en Syrie ou en Irak.

Cette offensive marque une prise de responsabilité selon Didier Billion, chercheur à l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), au micro de Sarah Tuscherer.

Vague d'arrestations, les rebelles kurdes également visés

La police turque a par ailleurs interpellé et placé en garde à vue 251 personnes dans le cadre d'une opération antiterroriste lancée ce vendredi dans tout le pays contre contre le groupe Etat islamique, mais aussi des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont revendiqué le meurtre de deux policiers mercredi à Ceylanpinar à la frontière syrienne, en riposte à l'attentat de Suruç.

Une militante d'extrême gauche a été tuée lors d'une fusillade avec la police dans un quartier d'Istanbul . Elle faisait partie du Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple, un groupuscule marxiste auteur de nombreux attentats en Turquie.

Ce coup de filet, qui a mobilisé 5.000 policiers et des hélicoptères dans la seule ville d'Istanbul, a été mené dans 13 provinces du pays, selon le cabinet du Premier ministre.

Turquie : premiers bombardements aériens contre Daech
Turquie : premiers bombardements aériens contre Daech © Radio France
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.