Recep Tayyip Erdogan à quelques jours des élections
Recep Tayyip Erdogan à quelques jours des élections © Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Les Turcs ont participé en masse dimanche à leur deuxième élection législative en cinq mois, avec l'espoir qu'elle apaise les tensions dans un pays divisé par la reprise du conflit kurde, la contagion djihadiste venue de Syrie et la dérive autoritaire du gouvernement.

Les derniers bureaux de vote ont fermé leurs portes à 14h. Le dépouillement a immédiatement commencé et devrait rendre son verdict en fin de journée. Après des semaines de plomb électrisées par violences et tensions, les Turcs se sont rendus aux urnes ce dimanche. Ils ne devraient pas porter à nouveau au pouvoir le très contesté régime islamo-conservateur de reprendre son règne sans partage à la tête d'un pays déchiré par les violences et les tensions.

> Ecoutez le reportage d'Yves Izard dans un bureau de vote à Istanbul :

Erdogan n’imposera probablement pas de "superprésidence"

Le 7 juin, le parti du président Recep Tayyip Erdogan avait essuyé un sérieux revers. Bien qu'arrivé en tête avec 40,6% des voix, il avait perdu la majorité absolue qu'il détenait depuis treize ans au Parlement, plongeant la Turquie en pleine instabilité. Ce revers a sonné, provisoirement, le glas de l'ambition du chef de l'Etat d'imposer une "superprésidence" aux prérogatives renforcées. Convaincu de pouvoir se "refaire", l'homme fort de la Turquie a laissé s'enliser les discussions pour la formation d'une coalition et convoqué des élections anticipées.

Un score insuffisant pour gouverner seul

Samedi, le Premier ministre sortant Ahmet Davutoglu et ses rivaux de l'opposition ont mobilisé une dernière fois leurs troupes avec l'espoir de faire mentir les sondages, qui pronostiquent la répétition des résultats sortis des urnes il y a cinq mois. Les enquêtes d'opinions créditent cette fois son Parti de la justice et du développement de 40 à 43% des intentions de vote, un score insuffisant pour gouverner seul.

Montée spectaculaire des violences

Ces dernières semaines, la deuxième campagne électorale de l'année s'est déroulée dans une atmosphère âpre, marquée par une montée spectaculaire des violences.

> Les mesures de sécurité déployées sont importantes. Ecoutez le reportage d'Eric Biegala :

Depuis l'été, le conflit armé qui oppose depuis 1984 les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan aux forces de sécurité turques a repris dans le sud-est à majorité kurde du pays, et enterré le fragile processus de paix engagé il y a trois ans.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.