hommage aux victimes de lampedusa
hommage aux victimes de lampedusa © reuters

Rocco est plongeur, il a participé aux opérations pour retrouver l'épave qui a coulé jeudi, faisant 300 morts. En France, à gauche comme à droite, on accuse l'Europe d'être en partie responsable du drame.

Hier soir, une cérémonie avait lieu dans le hangar de l'aéroport de Lampedusa où les corps des naufragés ont été regroupés. Pas de journaliste, juste des survivants et des habitants de l'île. 111 corps ont été repêchés, mais le bilan pourrait être encore plus lourd si l'on compte les disparus. On compte 155 survivants. Les recherches, interrompuées hier soir à cause de la météo, ont repris dimanche en fin de matinée.

Rocco, pêcheur, a participé à ces recherches. Comme d'autres plongeurs de l'île, il a été sollicité jeudi dernier par les gardes-côtes pour retrouver l'épave et ses occupants.

Il témoigne au micro de Sandy Dauphin.

On estime qu'environ 300 Erythréens et Somaliens (hommes, femmes, enfants) ont péri au large de Lampedusa. La petite île est devenue au fil des ans une porte d'entrée vers l'Europe. Une porte dangereuse, comme le prouvent les noyades régulières et les drames comme celui de jeudi dernier.

L'immigration clandestine, un drame européen

Son bilan particulièrement lourd a remis sur le devant de la scène le drame de l'immigration clandestine. La France a appelé samedi à une réunion rapide des responsables européens.

"Nous avons le devoir de dire au gouvernement italien et à l'Union européenne que leurs structures et leurs politiques sont non seulement inadaptées mais qu'elles sont criminelles", a déclaré Rosario Crocetta, le gouverneur de Sicile, après une visite samedi au centre d'immigration de Lampedusa en compagnie du maire de la commune et d'un groupe d'élus italiens.

Evoquant "un drame terrible", le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a appelé samedi à une réunion au niveau européen. "C'est important que les responsables politiques européens en parlent, et vite, ensemble".

Laurent Fabius a annoncé dans la matinée que la France et l'Italie avaient demandé que la question de Lampedusa soit à l'ordre du jour de la réunion des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne, prévue mardi à Luxembourg.

À droite, on accuse clairement l'Europe et surtout l'ouverture des frontières internes.

Pour l'ancien ministre et sénateur UMP, Roger Karoutchi, le problème vient de l'espace Schengen, pas assez contrôlé.

Le Parti démocratique du Premier ministre italien Enrico Letta a appelé à une réunion urgente du Conseil européen pour la mise en place de "couloirs humanitaires" pour assurer la protection des bateaux de migrants.

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