Le naufrage rappelle de mauvais souvenirs à Lampedusa
Le naufrage rappelle de mauvais souvenirs à Lampedusa © Reuters

Un navire transportant des centaines de clandestins a fait naufrage près de l'île sicilienne, faisant au moins 130 morts. La ville voit régulièrement s'échouer les cadavres des migrants qui tentent la traversée. Un problème européen, pour l'Italie.

Ils étaient 500 sur le bateau, venus de la Corne de l'Afrique. Parmi eux, des hommes, des femmes mais aussi des enfants en bas âge. Pour l'instant, seuls 150 ont été retrouvés vivants. Les autorités ont en revanche repêché 130 cadavres. Dans l'après-midi, 40 nouveaux corps ont notamment retrouvés dans l'épave, par les plongeurs.

Au moins, 200 personnes sont toujours portées disparues.

Mais pour la maire de l'île, Giusi Nicolini, avant même de connaître le bilan complet de la catastrophe, c'est la colère qui domine.

Il faut que les caméras de télévision viennent ici, montrent les cadavres, sinon c'est comme si ces tragédies n'existaient pas.

Le point à 18h avec Xavier Sartre.

Les sauveteurs parlent de dizaines voire de centaines d'immigrés encore dans l'eau, ce qui fait craindre un bilan toujours plus lourd.

Deuil national

Le pape François, qui s'était rendu à Lampedusa en juillet pour fustiger "l'indifférence" du monde face à la question des migrants clandestins, a envoyé un tweet quelques heures après le drame, appelant à prier "pour les victimes du tragique naufrage au large de Lampedusa".

L'île de Lampedusa est plus proche des côtes nord-africaines que de la Sicile. Le bateau serait parti de Libye, selon les enquêteurs.

Dans l'après-midi, le Premier ministre Enrico Letta a proclamé "deuil national" pour la journée de vendredi. Il a également dépêché son vice-Premier ministre Angelino Alfano sur place.

Écoutez le témoignage de Vito Fiorino, pêcheur, contacté par Yann Gallic (traduction de Valeria Emanuele).

On en sait désormais un peu plus sur les circonstances du drame. Les passagers (en majorité Somaliens et Erythréens) ont quitté les côtes libyennes, pour arriver à 550 mètres de la côte. Leur bateau a alors commencé à prendre l'eau. "De peur qu'il ne coule, les migrants ont enflammé une couverture, mais cela a provoqué un incendie puis le bateau a chaviré".

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