Le président sortant Vladimir Poutine a été largement réélu dimanche pour un quatrième mandat à la tête de la Russie, mais l'ONG Golos dénonce 2 700 irrégularités et publie des vidéos de fraude électorale.

Vladimir Poutine a été réélu pour un quatrième mandat
Vladimir Poutine a été réélu pour un quatrième mandat © AFP / Kunihiko Miura / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun

Vladimir Poutine devrait passer un quart de siècle au pouvoir. Le président russe a été réélu dimanche pour un quatrième mandat, avec 76,67 % des voix selon les résultats annoncés ce lundi par la Commission électorale, s'appuyant sur le dépouillement de 99,80 % des bulletins de vote.

Vladimir Poutine, conforté comme l'homme incontournable de son pays, a ainsi battu de dix points son score lors de la précédente élection de 2012 et fait mieux que ce que prévoyaient les sondages des dernières semaines, dans un scrutin qui dénombre 67,4 % de participation (65 % en 2012). 

Accusations de fraude électorale

L'opposition, et en premier lieu l'adversaire le plus acharné du pouvoir Alexeï Navalny, interdit de participation et qui avait appelé au boycott, ont accusé les autorités d'avoir gonflé le taux de participation grâce à de nombreuses fraudes, en bourrant les urnes ou en organisant le transport massif d'électeurs vers les bureaux de vote.

L'ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, a dressé sur son site internet une carte des fraudes faisant état de plus de 2 700 irrégularités, tels que bourrages d'urnes, votes multiples ou entraves au travail des observateurs. 

Des vidéos prises par les observateurs de l'ONG montrent des cas de bourrage d'urnes réalisés quasiment ouvertement.

La présidente de la Commission électorale, Ella Pamfilova, a estimé pour sa part que les irrégularités constatées "ont été relativement modestes", ajoutant que le scrutin avait été transparent.

Poutine remercie "la confiance" du peuple

Devant des centaines de partisans réunis à deux pas du Kremlin, celui qui restera au pouvoir jusqu'en 2024, année où il fêtera ses 72 ans, a remercié les Russes et dit voir dans cette large victoire "la confiance et l'espoir de notre peuple". "Nous allons travailler tout aussi dur, d'une manière tout autant responsable et efficace", a-t-il ajouté, voyant dans sa victoire "la reconnaissance du fait que beaucoup de choses ont été faites dans des conditions très difficiles".

A Moscou, Vladimir Poutine a également fustigé dimanche soir les accusations d'empoisonnement d'un ancien colonel russe, espion britannique, qu'il a qualifiées de "grand n'importe quoi". "Que quelqu'un puisse penser qu'en Russie quelqu'un se permettrait de faire de telles choses juste avant l'élection et la Coupe du monde de football, c'est absurde, du grand n'importe quoi", a déclaré le président russe devant la presse après sa victoire à la présidentielle. 

"C'est tout simplement inimaginable", a-t-il renchéri, lors de sa première réaction publique aux accusations de Londres.

L'affaire a pris ces dernières jours des allures de confrontation Est-Ouest. Le Royaume-Uni a décidé de l'expulsion de 23 diplomates russes et le gel des contacts bilatéraux. Ce à quoi la Russie a répondu en expulsant 23 diplomates britanniques et en ordonnant la cessation des activités en Russie du British Council, un organisme faisant la promotion des relations culturelles et l'éducation.

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