La tuerie de Las Vegas, qui a fait 58 morts et plus de 400 blessés, suscite une nouvelle vague d'indignation et relance la question du contrôle des armes.

Le Mandalay Hotel, théâtre de la plus grosse tuerie de l'histoire moderne des Etats-Unis.
Le Mandalay Hotel, théâtre de la plus grosse tuerie de l'histoire moderne des Etats-Unis. © AFP / Mark Ralston

L'Amérique attendait, au réveil, les tweets engagés de Donald Trump après la plus fusillade de Las Vegas, qui devait devenir la plus meurtrière de l'histoire moderne des Etats-Unis. Il se sera finalement contenté d'une réaction prudente, sans s'engager sur la délicate question du contrôle des armes à feu.

Le président des États-Unis était pourtant attendu sur ce terrain. A chaque tuerie de masse sur le territoire américain – le site Mother Jones en a dénombré une centaine ces 35 dernières années –, des voix se font entendre pour réviser le 1er amendement de la constitution, qui établit le droit pour le citoyen à s'armer.

Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé.

Résister au lobby pro-armes

Toujours en pointe pour imposer un contrôle des ventes d'armes, Hillary Clinton, la candidate malheureuse à la dernière présidentielle, a dénoncé le poids de la NRA (National Rifle Association), le lobby pro-armes, dans les choix de l'exécutif :

Car à ce stade, c'est bien du cœur des États-Unis que vient le problème, si l'on en juge par la nature des débats. Selon les premiers éléments de l'enquête, et même si le carnage, qui a fait 58 morts selon un bilan provisoire, a été revendiqué par le groupe État islamique, on sait aussi que le tireur disposait de plus de dix fusils dans sa chambre d'hôtel.

Motivations différentes, outils similaires

Des armes qui – l'enquête doit encore le confirmer –, peuvent être acquises librement, comme l'ont été la grande majorité des fusils d'assaut et autres armes de poing qui ont décimé des résidents américain sur le sol des États-Unis.

Pour Ben Rhodes, ex-conseiller de Barack Obama cité par l'AFP, "Il y a toujours des tireurs avec des histoires et des motivations différentes, leur point commun tragique est d'avoir entre les mains des armes puissantes".

Une pierre dans le jardin de Donald Trump qui, cent jours après son arrivée à la Maison-Blanche, déclarait lors d'un congrès de la NRA :

Vous avez un vrai ami à la Maison Blanche (...) Vous m'avez soutenu, je vais vous soutenir.

Une industrie de poids

Ce soutien, c'est évidemment celui d'une industrie qui, au-delà des libertés constitutionnelles brandies par la NRA, pèse lourd dans la balance. Et, au premier chef, sur le terrain économique, comme le déplore le sénateur démocrate du Connecticut Chris Murphy, qui a connu le massacre de l'école de Sandy Hook, à Newtown :

C'est tout simplement exaspérant que mes collègues au Congrès aient tellement peur de l'industrie des armes qu'ils prétendent qu'il n'existe aucune réponse politique à cette épidémie.

En vingt ans, révèle une étude universitaire américaine, 70 millions de nouvelles armes sont venues gonfler le stock des Américains. Lesquels détenaient, à cette date, quelque 265 millions d'engins de mort.

Un détail intéressant : près de la moitié de cet arsenal est entre les mains de… 3% de la population (8 millions de personnes). Signe, sans doute, la démocratie aidant, que les équilibres peuvent changer.

►ÉCOUTEZ | Ce que dit la loi américaine sur la détention d'armes

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