Depuis le début du mouvement, il y a deux mois, les hongkongais redoublent d'ingéniosité pour organiser leurs rassemblements et répliquer face aux attaques des forces de l'ordre.

Les manifestants étouffent les lacrymogènes avec des cônes de signalisation et de l'eau
Les manifestants étouffent les lacrymogènes avec des cônes de signalisation et de l'eau © AFP / Anthony WALLACE

Depuis le 9 juin des milliers de personnes descendent dans les rues de Hong Kong et les forces de l'ordre ripostent de plus en plus violemment. 

Pour se protéger, les manifestants trouvent de nouvelles techniques pour déjouer l'attaque des policiers. Entre laser, film plastique ou blocus des métros, les hongkongais redoublent d'imagination.

Cône de signalisation et couvercle de wok contre les lacrymogènes

Lundi, plus de 800 grenades lacrymogènes ont été lancées par les forces de l'ordre sur les manifestants qui ont renommé cette journée le "festival des lacrymogènes". 

Face à ces violentes confrontations, les Hongkongais trouvent des techniques pour se protéger des gaz. Avec des gants résistants à la chaleur et des masques, ils étouffent les lacrymogènes avec des couvercles de wok ou des cônes de signalisation. 

Pour éviter que le gaz ne se répande de partout, ils ajoutent ensuite de l'eau pour rendre la lacrymogène hors d'usage.

Les stylos-lasers contre la reconnaissance faciale

Les lasers sont devenus l'arme de prédilection des manifestants pour éviter d'être reconnu. Les caméras de surveillances sont nombreuses dans la mégalopole et pour empêcher les poursuites judiciaires, les manifestants pointent la lumière de leur laser sur les caméras. Ils les utilisent aussi pour aveugler les forces de l'ordre.

Mardi soir, un étudiant a été incarcéré pour possession "d'une arme offensive" parce qu'il avait dix lasers sur lui. Pour protester contre cette arrestation, des centaines de personnes se sont réunies mercredi soir pour un "spectacle laser" au Musée de l'espace de Hong Kong. 

Des dizaines de points verts, violets et rouges se sont agités sur des arbres, des bâtiments et le dôme du musée, sous les applaudissements des manifestants présents. 

Bloquer les métros pour faire grève ...

En début de semaine, les manifestants ont décidé de mener des actions coup de poing. Le parlement local a été envahi, les commissariats ont été assiégés et des multitudes de manifestations spontanées ont été organisées. 

Mais ce qui a eu le plus d’impact sur les habitants et auprès des autorités c'est le blocage des métros. Les manifestants sont tous descendus dans les sous-sols de la ville, en pleine heure de pointe, pour empêcher les stations-clés du métro hongkongais de circuler. 

Les protestataires ont utilisé les célèbres parapluies ou des extincteurs pour bloquer la fermeture automatique des portes, d'autres se sont eux-même mis dans l'embrasure de la porte. La ville s'est donc retrouvée paralysée pendant plusieurs heures.

Au total des centaines de milliers de personnes ont été touchées par ce blocage. Certains passagers ont montré leur soutien au mouvement alors que d'autres exprimaient leur mécontentement, allant parfois jusqu'à la violence. 

Les manifestants sont descendus dans les métros de la ville pour bloquer le trafic et les voyageurs
Les manifestants sont descendus dans les métros de la ville pour bloquer le trafic et les voyageurs © AFP / Anthony WALLACE

... Ou pour s'enfuir

Mais la plupart des Hongkongais demeurent en faveur du mouvement. Pour le prouver, des citoyens laissent de l'argent et des tickets de transport dans les bouches de métro. Les manifestants poursuivis par les forces de l'ordre peuvent s’échapper sans utiliser leur carte personnelle de transport pour éviter d'être géolocalisés.  

Changer de vêtements pour mieux s'enfuir

Les Hongkongais laissent aussi des bouteilles d'eau et des vêtements dans les rues. Les piles d'habits permettent aux protestataires de se changer et donc de fuir plus facilement la police si jamais ils sont poursuivis. 

Film plastique pour stopper la police

Pour ralentir l'avancée des policiers en voiture ou en moto pendant les manifestations, les protestataires Hongkongais ont mis en place une technique innovante : du film plastique entre deux poteaux. Les forces de l'ordre se retrouvent bloquées pendant que les manifestants continuent de fuir. 

Tinder pour contacter les manifestants

Pour empêcher le mouvement de se développer, le gouvernent tente de resserrer sa surveillance en limitant les méthodes de communication entre les manifestants. 

Mais c'était sans compter l'ingéniosité des protestataires qui ont détourné l'application de rencontre Tinder et l'utilisent pour diffuser des informations sur les blocages, les points de rendez-vous ou les rassemblements prévus. 

L'application, qui fonctionne grâce à la géolocalisation, permet le partage d'informations avec toutes les personnes autour de l'utilisateur. 

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