Le Parti communiste chinois ouvre mercredi son 19e congrès à Pékin, à cette occasion Xi Jinping pourrait obtenir le titre de président du PC, il serait le premier depuis 1989.

Le président chinois Xi Jinping, 64 ans, ouvre mercredi 18 octobre le 19e Congrès du Parti communiste chinois.
Le président chinois Xi Jinping, 64 ans, ouvre mercredi 18 octobre le 19e Congrès du Parti communiste chinois. © AFP / ANDY WONG / POOL / AFP

L’événement a lieu tous les cinq ans et c’est peu dire qu’il bouleverse le rythme de la capitale chinoise. Près de 2300 délégués communistes sont rassemblés à partir de mercredi 18 octobre à Pékin, au Palais des peuples, place Tiananmen. Le Congrès a notamment pour mission d’élire près de 370 membres permanents et suppléants du Comité central du parti mais aussi de donner la ligne à suivre pour le prochain quinquennat.

C’est le président chinois Xi Jinping, aussi secrétaire général du PCC qui va inaugurer le congrès et il pourrait bien y voir son pouvoir renforcé. Xi Jinping a accédé à la présidence du pays il y a cinq ans, mais c’est bien plus tôt, en 2007 qu’il a intégré les arcanes du pouvoir communiste. Depuis 2012 il dirige d’une main de fer les 89 millions de membres du Parti communiste chinois en tant que secrétaire général et, selon les spécialistes, Xi Jinping pourrait devenir à l’issue du congrès le Président du PC, un titre qui n’a plus été utilisé depuis 1989 et la mort d’Hu Yaobang. S’il obtient cette promotion, Xi Jinping pourrait se maintenir au pouvoir au-delà de 2022. Preuve ultime de la consécration du leader chinois, sa doctrine pourrait aussi être inscrite explicitement dans la Constitution du Parti communiste chinois tout comme l’était celle de Mao Zedong auparavant.

Elire le Comité permanent

Les 2287 délégués communistes conviés au Congrès (ils étaient treize en 1921 lors du premier Congrès) sont issus de différentes minorités et professions, leur moyenne d’âge est de 52 ans et un quart d’entre eux sont des femmes. Parmi les plus médiatiques on compte la championne olympique de badminton Zhao Yunlei et le centenaire Jiao Ruoyu. Ces délégués doivent élire les 370 membres permanents et suppléants du Comité central, qui désignent ensuite les vingt-cinq membres du Bureau politique et finalement les sept du Comité permanent : ce sont eux qui commandent in fine le parti. Si Xi Jinping est assuré de conserver une place prédominante dans la direction du parti, plusieurs membres de ces différentes instances devraient être remplacés en raison de départs à la retraite ou de purges. 

Un renouveau de la classe dirigeante communiste ?

Les têtes pensantes du PC pourraient bien être renouvelées à l’issu du Congrès selon les spécialistes du régime chinois, car de nombreux dirigeants sont désormais septuagénaires. La nouvelle génération née dans les années 1960 émerge dont certains comme Chen Min’er, 57 ans, chef du Parti dans la métropole de Chongqing et Hu Chunhua, 54 ans leader, de la province de Guangdong seraient même pressentis pour devenir les futurs chefs du parti.

Quel avenir pour le chef de la lutte anti-corruption ?

Le sort de Wang Qishan, 69 ans, sera aussi scruté de près. Le puissant chef de la commission disciplinaire et responsable de la lutte anti-corruption devrait quitter le pouvoir car il est atteint lui aussi par la limite d’âge. Dans le cas contraire, il ouvrirait la voie à la Xi Jinping qui pourrait lui aussi prolonger son mandat. La lutte contre la corruption, très populaire auprès de la population a permis la sanction d’1.4 millions de responsables dont nombre d’entre eux ont été incarcérés y compris le redouté Zhou Yongkang, ancien chef de la sécurité.

Quant à la teneur du discours, elle est tenue secrète jusqu’à l’ouverture du Congrès. Congrès qui, malgré la présentation des orientations pour les cinq prochaines années, reste plus idéologique que concret.

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