Le gouvernement annonce que plusieurs milliers de Rohingyas auraient accepté de quitter les camps du HCR pour rejoindre l'île de Bhashan Shar. Cet îlot isolé du golfe du Bengale est pourtant menacé par la montée des eaux et les phénomènes climatiques violents dans la région.

En 2017, les Rohingyas ont fui les massacres et leur pays la Birmanie.
En 2017, les Rohingyas ont fui les massacres et leur pays la Birmanie. © AFP / STRINGER / ANADOLU AGENCY

À la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, environ 740 000 membres de l’ethnie des Rohingyas, des musulmans chassés de Birmanie, vivent dans des camps gérés par le HCR. La présence de ces réfugiés depuis 2017 s'ajoute aux 200 000 personnes qui étaient déjà installées dans ces camps. C'est certes le Haut-commissariat aux réfugiés qui finance ces camps, mais ils n'en restent pas moins un poids économique et politique pour le Bangladesh, pays pauvre et dont les infrastructures sont loin d'être suffisantes pour ses propres besoins.

Le gouvernement bangladais cherche donc à se débarrasser de ces familles originaires de Birmanie. La Première ministre bangladaise, Sheikh Hasina "espère organiser le déplacement des populations les plus vulnérables vers cette île" rapporte The Independent dans son édition du 20 octobre. 

Les Bangladais assurent avoir convaincu 7 000 Rohingyas de quitter ces camps pour rejoindre une île du golfe du Bengale dans les eaux territoriales du Bangladesh. Sur cette île, plus de 1 400 baraquements ont été construits, soit environ 14 m² par famille. L'installation des réfugiés Rohingyas pourrait y débuter d'ici quelques semaines, selon les autorités bangladaises.

Une solution pour les uns... Mais une catastrophe pour d'autres. Des groupes de défense des droits estiment que Bhasan Char (c'est le nom de cette île) est susceptible d'être submergée par les épisodes de mousson. Cet îlot situé dans l'estuaire de la rivière Meghna est aussi régulièrement balayé par de violents cyclones, qui ont fait ces dernières années des centaines de milliers de morts. Une île sortie de l'eau il y a une trentaine d'années, et qui ne serait donc pas sûre.

Aucune organisation internationale n'a pu se rendre sur l'île

L'ONU n'a jusqu'à présent pas fait de déclaration au sujet de ce projet d'installation à Bhasan Char. Des responsables bangladais ont cependant déclaré qu'une délégation des Nations Unies se rendra sur l'île au cours des prochaines semaines.

Le HCR est bien conscient que les réfugiés Rohingyas vivent actuellement dans des conditions très difficiles au Bangladesh. Les moyens de communication avec l'extérieur sont régulièrement coupés, il n'y a officiellement pas d'école et les Bangladais menacent d'installer des barbelés autour de ces 34 camps répartis aux abords de la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh

Les deux pays accusent les ONG d'être trop "gentilles" avec les réfugiés et de les encourager à rester sur place. Pour pouvoir continuer à travailler dans cette région, ces mêmes ONG refusent elles aussi de se prononcer sur la question de l'envoi des Rohingyas sur Bhashan Char. Aucune n'a pu se rendre sur cette île, très difficile d'accès.

Les Rohingyas qui accepteront de partir sur cette île ne pourront pas en sortir librement. Une fois sur place, nul ne sait ce qu'ils feront sur cette île isolée.

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