[scald=213927:sdl_editor_representation]QUETTA, Pakistan (Reuters) - Le bilan de l'attentat à la bombe commis samedi à Quetta, capitale de la province du Baloutchistan dans l'ouest du Pakistan, s'est alourdi à 80 morts, a annoncé dimanche un haut responsable des services de sécurité.

Ce bilan, a-t-il ajouté, risque fort de s'aggraver dans la mesure où 20 blessés sont dans un état critique après cet attentat, perpétré dans le grand bazar de la ville.

L'organisation extrémiste pakistanaise Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), devenue selon les services de renseignement une menace majeure pour la sécurité, a revendiqué dès samedi l'attentat, qui a visé la communauté chiite.

La majeure partie des victimes sont effectivement des membres de la communauté chiite, minoritaire dans le pays, qui est devenue depuis quelques années la cible d'attaques menées par des organisations extrémistes sunnites.

"L'attentat terroriste qui a visé la communauté chiite Hazara à Quetta signe l'échec des services de renseignement et des forces de sécurité", a estimé Nawab Zulfiqar Ali Magsi, gouverneur de la province du Baloutchistan, alors qu'il rendait visite à des blessés à l'hôpital.

"Nous avions donné toute latitude aux forces de sécurité pour qu'elles agissent contre les groupes terroristes et extrémistes et malgré tout l'attentat de Quetta a eu lieu", a-t-il accusé.

Un porte-parole de LeJ a revendiqué ce bain de sang, survenu non loin d'une école. Des cartables d'élèves et des livres brûlés étaient éparpillés sur les lieux de l'explosion.

En janvier, LeJ avait revendiqué un attentat à la bombe à Quetta qui avait fait près de 100 morts. Des milliers de chiites avaient manifesté leur colère à travers le pays après cet attentat.

"C'est la poursuite des actions terroristes visant les chiites", a déclaré un responsable de la police de Quetta à propos de l'attentat de samedi.

L'islam sunnite est la religion majoritaire du Pakistan, avec 75% de la population. Les chiites, qui sont environ 20%, vivent principalement dans le nord-ouest du pays, près de la frontière afghane.

Michael Georgy et Gul Yousufzaj; Pascal Liétout et Eric Faye pour le service français

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