La Première ministre pensait avoir obtenu mercredi le soutien de son gouvernement sur son projet d'accord avec l'Union européenne, mais quelques heures plus tard, les démissions se succèdent. Quatre membres du gouvernement (deux ministres et deux secrétaires d'État) ont claqué la porte jeudi matin.

Dominic Raab à sa sorti du 10 Downing Street le 6 novembre 2018
Dominic Raab à sa sorti du 10 Downing Street le 6 novembre 2018 © AFP / Tolga Akmen

Et si, moins de 24 heures après l'annonce par Theresa May du soutien de ses ministres sur sa version du Brexit, cette dernière devait en fait faire machine arrière ? Le projet d'accord sur le divorce avec l'Union européenne est en fait loin de faire consensus, au point que quatre membres du gouvernement ont préféré le quitter. Une hécatombe qui rappelle celle qui avait suivi, en juillet, la présentation du plan de la Première ministre sur le sujet.

Cette fois, c'est le ministre du Brexit (justement) Dominic Raab qui quitte le navire, quelques mois après avoir remplacé son prédécesseur, lui aussi démissionnaire. Suivi par la secrétaire d'État du Brexit (Suella Breverman), la ministre du Travail (Esther McVey), et le secrétaire d'État à l'Irlande du Nord (Shailesh Vara). Car c'est notamment cette nation britannique qui est au cœur du désaccord entre les partisans d'un divorce "dur" et ceux d'un accord "apaisé" avec l'Union européenne.

Trop éloigné de ce que proposait le référendum

Si aucun accord sur les relations entre Bruxelles et Londres n'est conclu après une période de transition de 21 mois à compter de la date effective du Brexit (le 29 mars 2019), le compromis prévoit la mise en place d'un "filet de sécurité" permettant de maintenir une union douanière, mais aussi un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord. Deux conditions inacceptables pour les démissionnaires : "je ne peux soutenir l'accord proposé pour [ces] deux raisons", explique Dominic Raab, le ministre du Brexit démissionnaire.

Une cascade de démissions qui arrange l'opposition britannique. Le chef de file des travaillistes Jeremy Corbyn estime ainsi que "le projet d'accord de Brexit n'est pas celui que l'on avait promis au Britanniques" lors du référendum du 23 juin 2016. Il ajoute que l'accord n'a visiblement le soutien ni du gouvernement, ni du Parlement (que Theresa May doit encore consulter), ni du pays.

De l'autre côté de la Manche, on ne sait pas vraiment comment réagir et à quoi se préparer face à ce grand flou politique sur le sujet. Le Premier ministre français Édouard Philippe a ainsi fait part de son inquiétude : "Il n’a échappé à personne que l’actualité politique britannique pouvait nourrir un certain nombre de questionnements et d’inquiétudes sur la possibilité effective d’une ratification de cet accord. [...] Nous devons donc nous préparer à l'hypothèse qui est toujours sur la table (que nous ne souhaitons pas, je le dis très clairement) _d'une sortie sans accord_."

Une sortie qui ferait définitivement s'effondrer des mois de négociations entre Londres et Bruxelles. Même si elle correspondrait en réalité à ce qu'ont demandé les électeurs pro-Brexit en 2016.

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