Le cargo Ezadeen, à son arrivée à Corigliano, au sud de l'Italie.
Le cargo Ezadeen, à son arrivée à Corigliano, au sud de l'Italie. © EPA / MaxPPP

Le cargo Ezadeen est entré la nuit dernière au port de Corigliano, en Italie, escorté par les garde-côtes italiens, avec 450 clandestins à bord. C'est le deuxième navire d'émigrants abandonné à être secouru par les autorités italiennes en trois jours.

Un peu avant minuit, le vieux cargo a enfin accosté,

. A son bord, des centaines de migrants, des familles, des femmes enceintes, précise Jérôme Jadot, envoyé spécial de Radio France à Corigliano, qui a assisté au débarquement.

Jerome Jadot y a rencontré Giovanni di Benedetto, porte-parole de Save the Children.

La plupart viennent de Syrie. Ils avaient pris la mer en Turquie, et depuis cinq jours, ils n’avaient plus rien à manger. Une semaine après leur départ les passeurs ont quitté le bateau, car ils savent que s’ils arrivent en Italie, ils iront en prison.

Les migrants poursuivent leur route

Les passagers du cargo Ezadeen ont ensuite été conduits dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile, un peu partout dans le pays, parfois même jusqu’à Turin, à plus de 10 heures de route. Mais selon toutes probabilités, rares seront ceux qui resteront dans le pays. En 2014, sur plus de 25.000 Syriens, seuls environs 400 ont demandé l’asile en Italie.

Que font les migrants une fois à terre ? Explications de Mathilde Auvillain, à Rome.

Le navire avait été repéré par les garde-côte italiens durant la nuit de jeudi à vendredi. Le cargo battant pavillon sierra-léonais dérivait moteurs éteints dans une mer agitée, à 40 miles nautiques des côtes sud de l'Italie. Sans carburant à bord, il avait été remorqué par un patrouilleur islandais qui se trouvait dans les parage dans le cadre du plan Frontex.

L'histoire se répète

Cette affaire survient trois jours après un scénario similaire impliquant un cargo avec 760 migrants clandestins à son bord et qui faisait route lui aussi vers les Pouilles. Sans l'intervention italienne, le navire, également abandonné par son équipage, allait se fracasser contre les rochers, selon les garde-côtes.

Les gardes-cotes italien parlent d'un phénomène inquiétant, ces dernieres semaines : des migrants entassés par centaines, sur des navires de commerce en mauvais état. On s'était tristement habitué à des embarquations plus petites, là il s'agit carrément de cargos

Les explications de Christian Chesnot

Finalement, le Blue Sky M, un cargo battant pavillon moldave, est arrivé mercredi avant l'aube à Gallipoli, port du sud-est de l'Italie, où ces centaines de clandestins, dont une quarantaine d'enfants, ont pu être pris en charge par les autorités.

D'où viennent les clandestins infographie ide
D'où viennent les clandestins infographie ide © ide
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