Après des mois de tractations, Aung San Su Kyi a officiellement renoncé ce jeudi à se lancer dans une course à la présidentielle, bridée par la constitution birmane : un article interdit en effet à ceux qui ont des enfants de nationalité étrangère de se présenter comme candidat , ce qui est le cas de la Dame de Rangoon, dont les enfants sont britanniques.

En revanche,la candidature de l’un de ses fidèles peut lui permettre de contourner cette disposition : Htin Kyaw , qui se présente au nom de la Ligue Nationale pour la Démocratie (NLD) , est l’un des très proche de Aung San Su Kyi, et son ami d’enfance. Fils d’un poète birman renommé, cet économiste et professeur d’université de 69 ans a ainsi de bonnes chances de devenir le prochain président birman dès le 1er avril.

Une élection quasi assurée

C’est une stratégie gagnante pour la détentrice duPrix Nobel 1991 , puisqu’ elle choisit l’un des membres de sa garde rapprochée, suffisamment fidèle pour accepter les directives d’Aung San Suu Kyi , et que la NLD est certaine de pouvoir le faire élire : la Ligue Nationale pour la Démocratie est en effet, depuis les législatives de novembre dernier, majoritaire au sein des deux chambres du Parlement , ce qui lui assure le nombre de voix nécessaires pour remplacer Thein Sein , ancien général de la junte chargé de la transition avec la dictature militaire.

L’épreuve des réformes

L’élection deHtin Kyaw à la présidence ouvre ainsi un nouveau cycle capital dans l’histoire de la politique birmane, avec des réformes cruciales à mener pendant les cinq prochaines années dans un pays ruiné par un demi-siècle de dictature armée. La manière de mener ces réformes est une question délicate pour Aung San Su Kyi, que certaines rumeurs donnent déjà ministre des affaires étrangères, et dont le parti ne s’est jamais retrouvé ni à l’épreuve du pouvoir, ni à celle de la négociation avec les militaires, pourtant nécessaire : ils sont encore à la tête de trois ministères (Défense, Intérieur et Frontières).

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