arrestation du chef des frères musulmans en egypte
arrestation du chef des frères musulmans en egypte © reuters

Les autorités égyptiennes ont arrêté le guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, 70 ans, l’un des derniers dirigeants de la confrérie encore en liberté. Il a été placé en détention préventive pour "incitation au meurtre"

Mohamed Badie a été arrêté avant l'aube dans un appartement du Caire, puis transféré à la prison de Tora où se trouvent ses deux adjoints, Khairat al-Chater et Rachad Bayoumi, avec lesquels il sera jugé dimanche pour "incitation au meurtre" de manifestants anti-Morsi, ce qui laisse peu de place à la reprise du dialogue politique souhaité par les pays occidentaux.

Les chaînes de télévision ont diffusé des images du guide suprême emmené par la police et assis dans un bureau, l'air prostré.

Mohamed. Badie est le 8e guide suprême des Frères musulmans, élu en janvier 2010 à la tête de la confrérie qui a remporté les premières législatives libres du pays début 2012, un an après la chute de Hosni Moubarak.

A la mi-journée, les Frères musulmans ont nommé Mahmoud Ezzat, l’un des adjoints de Mohamed Badie, pour le remplacer , en attendant sa libération.

C'est maintenant presque tout l'appareil politique des Frères musulmans qui est derrière les barreaux.

La correspondance d'Etienne Monin

Plus d'un millier de manifestants pro-Morsi ont également été arrêtés.

Les autorités ont imputé aux Frères musulmans la responsabilité de la mort des 25 policiers, abattus lundi dans le Sinaï par des militants islamistes qui leur ont tendu une embuscade à Rafah, près de la frontière avec la bande de Gaza et Israël.

Une spirale de la violence qui s'est encore accélérée avec 37 détenus islamistes tués en moins de 24 heures dans le pays.

Depuis six jours le pouvoir mis en place par l'armée a ordonné la dispersion systématique de toute manifestation des pro-Morsi et a donné il y a quatre jours l'autorisation aux soldats et policiers d'ouvrir le feu sur les manifestants s'en prenant aux biens publics et aux forces de sécurité.

Le chef de l'armée et nouvel homme fort de l'Egypte, le général Abdel Fatah al-Sissi, a martelé dimanche que son pays ne "pliera pas" devant les "terroristes", ainsi que le pouvoir et les médias qualifient les Frères musulmans.

Dans le pays, les médias unanimes et une grande partie de la population qui considèrent désormais les Frères musulmans comme des "terroristes", soutiennent la méthode forte de l'armée, qui a suscité à l'étranger une vague de critiques de plus en plus virulentes.

L'un des dirigeants de la coalition pro-Morsi a affirmé qu'une "énorme manifestation" était prévue vendredi. Ces derniers jours, les islamistes ne sont toutefois pas parvenus à réunir les cortèges de manifestants qu'ils appellent à manifester quotidiennement. Mais les images diffusées en boucle par les télévisions locales montrant l'arrestation de Mohamed Badie, l'air prostré, pourraient attiser la colère de ses partisans.

Rien ne peut justifier cette reprise en main violente, par rapport à des manifestation qui ne l'étaient pas

Tariq Ramadan
Tariq Ramadan © MaxPPP/Vincent Isore

Tariq Ramadan, professeur d'étude islamique contemporaine à l'université d'Oxford est le petit fils d’Hassan al-Banna, le fondateur en 1928 fondateur de la confrérie des Frères musulmans, était l'invité du journal de 13h.

La critique de l'islam politique et des islamistes doit être faite, dit l'intellectuel, qui reconnait que la population était mécontente sous Morsi, "mais ça ne justifie pas que le gouvernement tente d'éradiquer la Confrérie", dit-il, "on ne peut pas l'acceter".

Tariq Ramadan

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