[scald=61913:sdl_editor_representation]par Lefteris Papadimas et Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - L'ancien vice-président de la BCE, Lucas Papademos, paraissait favori, lundi soir, au terme d'une longue journée de tractations politiques, pour diriger le futur gouvernement d'union en Grèce.

Ce cabinet à durée limitée aura pour mission de poursuivre la politique d'austérité afin d'obtenir le maintien de l'aide internationale et d'organiser des élections législatives anticipées d'ici trois mois.

Une réunion du gouvernement sortant est prévue mardi à partir de 10h00 GMT, a annoncé lundi soir un porte-parole officiel sans préciser l'objet de cette réunion extraordinaire.

Les dirigeants des partis politiques ont discuté toute la journée en vue de la désignation du futur Premier ministre chargé de diriger un gouvernement de coalition dont le principe a été acquis dimanche soir.

En début de soirée, un responsable avait confié à l'agence Reuters sous le sceau de l'anonymat qu'aucun accord n'avait été trouvé pour le moment mais que les discussions se déroulaient "dans un esprit constructif".

Les dirigeants européens font pression sur la Grèce pour qu'elle surmonte sa crise politique et approuve au plus vite le dernier plan de sauvetage décidé le 27 octobre à Bruxelles.

Le Premier ministre sortant, George Papandréou, ne conduira pas ce gouvernement dont il a négocié la formation dimanche avec le dirigeant conservateur Antonis Samaras, chef de file de Nouvelle Démocratie (ND).

Pour prendre la tête du nouveau gouvernement, le nom de l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) Lucas Papademos est avancé par la presse grecque.

Economiste de formation, Lucas Papademos a été le numéro deux de la BCE de 2002 à 2010. En tant qu'ancien gouverneur de la Banque de Grèce, il a supervisé les efforts déployés par Athènes pour entrer dans la zone euro.

LA DATE DU 19 FÉVRIER RETENUE

L'actuel Médiateur européen, Nikiforos Diamandouros, a de son côté fait savoir qu'il avait été approché pour le poste, sans dire par qui et quelles seraient ses conditions.

Le président Karolos Papoulias, qui voulait rassembler lundi autour de lui les chefs des principaux partis politiques pour de nouvelles discussions, a finalement renoncé à son idée, deux partis de gauche ayant repoussé son invitation.

La nouvelle équipe devrait entrer en fonctions et obtenir la confiance du Parlement d'ici une semaine "si tout se déroule comme prévu", déclarait dimanche soir le porte-parole du gouvernement sortant.

Un responsable de ND a indiqué lundi sous couvert de l'anonymat que la formation d'opposition serait favorable au maintien d'Evangelos Venizelos, qui est aussi vice-Premier ministre de George Papandréou, au poste-clé de ministre des Finances dans le futur gouvernement de coalition.

Les conservateurs de ND voteront en outre le projet de budget pour 2012 et prônent la continuité au niveau de l'équipe chargée de piloter la politique économique de la Grèce.

Le Parti socialiste (Pasok) et NN ont convenu que le 19 février 2012 serait la meilleure date possible pour des élections législatives anticipées, a annoncé pour sa part le ministère des Finances.

Auparavant, il faudra que le plan de financement européen conclu le 27 octobre soit approuvé par la Voula (Parlement monocaméral grec) entre en vigueur, selon la présidence de la République.

PRESSIONS EUROPEENNES

"Enfin !", titre en "une" lundi le quotidien de centre gauche Ta Nea. "Le premier pas a été fait pour sauver le pays."

"Une première victoire", juge pour sa part le quotidien conservateur Kathimerini.

Un optimisme que tous ne partagent pas, comme l'ancien ministre des Finances Stefanos Manos, qui n'a pas caché son scepticisme sur les chances de réussite du gouvernement à venir.

George Papandréou et Antonis Samaras ont dû mettre de côté leurs divergences et leur inimitié personnelle pour trouver cet accord visant à sortir la Grèce d'une grave crise économique, politique et sociale.

Mais les Grecs subissent une cure d'austérité drastique depuis deux ans et ne semblent plus avoir confiance dans les deux plus grands partis du pays, qui composeront la coalition.

"Ce ne sont pas des élections qui vont résoudre nos problèmes maintenant. Ces partis ne nous représentent plus", a dit Mihalis Skevofylakas, un professeur de 47 ans.

L'accord de coalition vise à prouver aux autres pays de la zone euro que la Grèce est déterminée à poursuivre sur la voie de l'austérité pour éviter la faillite.

L'urgence était grande car le ministre des Finances Evangelos Venizelos retrouvait lundi soir à Bruxelles ses homologues de la zone euro.

Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, a déclaré dimanche à Reuters que les Européens se préparaient à tous les scénarios, y compris à une sortie de la Grèce de la zone euro.

L'Etat grec a besoin de la sixième tranche de l'aide promise par le FMI et l'UE sous peine de se retrouver en situation de faillite en décembre.

Avec Karolina Tagaris, Renee Maltezou, Dina Kyriakidou et George Georgiopoulos; Guy Kerivel et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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