Les explications du conducteur du train très attendues par les enquêteurs
Les explications du conducteur du train très attendues par les enquêteurs © reuters / Stringer Spain

Le conducteur du train qui a déraillé mercredi près de Saint-Jacques-de-Compostelle doit être interrogé aujourd’hui par la police espagnole. Erreur humaine, défaillance technique ou les deux, les enquêteurs ont déjà quelques pistes.

Le chauffeur de 52 ans, Francisco Jose Garzon a été hospitalisé après l'accident mais on ignore la gravité de ses blessures. Depuis hier soir, il est officiellement en garde à vue pour imprudence. La Renfe, la compagnie de chemins de fer espagnole qui l'emploie depuis trente ans, a indiqué que l'homme avait dix ans d'expérience dans la conduite des trains et qu'il opérait sur cette ligne depuis environ un an.

Selon plusieurs médias locaux, le train a abordé le virage dangereux où il a déraillé à 190 km/h, alors que la vitesse sur cette portion est limitée à 80 km/h, ce qu'aurait reconnu le conducteur.

Les précisions en Espagne de Marie-Hélène Ballestero

Une enquête et de nombreuses questions

Pourquoi le train roulait-il si vite? Le conducteur n'a-t-il pas tenu compte des limitations de vitesse dans un virage serré? Les freins ont-ils lâché? Y avait-il un système de sécurité contraignant le train à ralentir en cas de dépassement?

Une vidéo prise par les caméras de surveillance et diffusée sur le site d'El Pais, montre le train entrer très rapidement dans le virage avant de dérailler et de se fracasser contre un mur qui borde les rails.

Le ministère des Travaux publics a lancé sa propre enquête, plus technique. La Renfe et l'Adif, groupe public qui gère et entretient le réseau ferré, ont également ouvert des investigations. Le train accidenté était sorti des ateliers du constructeur Bombardier et Talgo il y a environ cinq ans. Il est plus rapide que les trains conventionnels, mais pas aussi rapides que les trains à grande vitesse AVE qui sillonnent l'Espagne, et peut rouler sur des rails conventionnels comme sur des rails à grande vitesse.

Le système de sécurité pointé du doigt

Sur les lignes à grande vitesse, les trains utilisent le Système européen de contrôle des trains (ETCS), qui ralentit automatiquement un convoi s'il dépasse la limite autorisée. Sur les lignes classiques, le système plus ancien baptisé ASFA (Annonce de signal et de freinage automatique) avertit simplement le conducteur qu’un train roule trop vite.

Sur la portion de voie où la catastrophe s'est produite, le train utilisait le deuxième système de sécurité, selon des experts ferroviaires.

Etant donné que le conducteur quittait une ligne à grande vitesse pour rejoindre une voie bien plus lente en entrant dans la gare, il devait y avoir au moins des avertissements visuels pour réduire la vitesse, sinon des avertissements sonores et un système électronique de détection de la vitesse.

Une source proche de l'Adif a déclaré que le système de sécurité fonctionnait apparemment de manière correcte et qu'un autre train était passé sans problème une heure avant au même endroit.

Mais selon la presse espagnole, le train "a freiné trop tard" et les enquêteurs semblent s'orienter vers une possible insuffisance du système de freinage.

Selon un dernier bilan, 78 personnes sont mortes et 83 autres sont toujours hospitalisées, dont 32 dans un état grave. Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a déclaré trois jours de deuil national. Toutes les célébrations programmées pour la Saint-Jacques ont été annulées.

Catastrophe ferroviaire en Espagne
Catastrophe ferroviaire en Espagne © Radio France
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