[scald=35247:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La France a invité mercredi à Paris le Premier ministre du Conseil national de transition libyen Mahmoud Djibril et souhaite une réunion rapide, toujours dans la capitale française, du "groupe de contact" international sur ce dossier.

Six mois après le début de l'engagement de l'Otan en Libye, et alors que les insurgés ont investi Tripoli, Nicolas Sarkozy a appelé les dernières forces fidèles au colonel Mouammar Kadhafi à déposer les armes et promis que la France continuerait de venir en aide au Conseil national de transition (CNT).

Dans un communiqué, le président français indique qu'il a eu lundi une conversation téléphonique avec le Premier ministre du CNT, Mahmoud Djibril, et l'a invité à venir mercredi à Paris.

"Alors que les développements de la situation militaire sur le terrain et les défections qui se multiplient dans son camp confirment que la fin de Kadhafi et de son régime est désormais inéluctable et proche, le président de la République condamne avec la plus grande fermeté les appels irresponsables et désespérés du colonel Kadhafi à poursuivre coûte que coûte les combats", lit-on dans le communiqué.

Il appelle les forces qui lui sont encore fidèles "à se détourner sans délai de l'aveuglement criminel et cynique de leur chef en cessant immédiatement le feu, en déposant les armes et en se mettant à la disposition des autorités libyennes légitimes."

LE SOUVENIR DU VOYAGE DE 2007

Paris a fortement appuyé l'insurrection par les bombardements de ses avions et la France a reconnu également avoir livré des armes aux insurgés, une initiative diversement appréciée puisque la résolution de l'Onu, base juridique de l'intervention, ne permettait en théorie que de défendre els civils.

La France souhaite accueillir "dans les prochains jours" une réunion du groupe de contact sur la Libye afin de rédiger une "feuille de route" sur l'avenir de ce pays, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

La France, a-t-il dit, n'a pas de certitude sur le sort du dirigeant libyen, au pouvoir depuis 42 ans, mais son régime est désormais moribond.

"C'est fini", a estimé le chef de la diplomatie française lors d'une brève intervention au Quai d'Orsay. "La cause que nous défendions était juste", a estimé Alain Juppé.

Pour le ministre français des Affaires étrangères, "il appartient aux Libyens et aux Libyens seuls de choisir (leur) avenir et de construire la Libye nouvelle, qui sera une Libye démocratique".

"Le Conseil de transition aura besoin que la communauté internationale l'accompagne et l'aide et nous sommes déterminés à nous engager à ses côtés", a-t-il ajouté.

"La France souhaite aussi que la communauté internationale maintenant anticipe et accompagne (...) les nouvelles autorités libyennes, et c'est la raison pour laquelle nous proposons une réunion extraordinaire du groupe de contact au plus haut niveau dès la semaine prochaine pour fixer ce nouveau plan d'action aux côtés des autorités libyennes", a poursuivi Alain Juppé.

L'Union africaine, la Ligue arabe, l'Onu, l'Union européenne, les Etats-Unis et tous les pays qui souhaiteront y participer seront les bienvenus, a poursuivi Alain Juppé.

Nicolas Sarkozy avait reçu en 2007 Mouammar Kadhafi à Paris sur fond de réchauffement diplomatique général des Occidentaux avec son régime. Paris envisageait alors de grands contrats, notamment la vente d'une centrale nucléaire à Tripoli.

Les victimes d'un attentat contre un avion de ligne français en 1989, imputé au régime Kadhafi, ont demandé lundi l'arrestation des suspects condamnés par défaut et des poursuites contre le colonel Kadhafi.

Yves Clarisse et Thierry Lévêque

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.