Le président américain a décidé de suspendre pour plusieurs mois l'accueil des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans et des réfugiés

Donald Trump a signé vendredi soir le décret "Protéger la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis"
Donald Trump a signé vendredi soir le décret "Protéger la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis" © Reuters / Carlos Barria

Les associations de défense des droits civiques américaines n’en reviennent pas et plusieurs d’entre-elles, dont la puissante ACLU, l'American Civil Liberties Union, ont attaqué en justice, dès samedi, le décret de Donald Trump interdisant durant trois mois l'accès aux Etats-Unis des ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmans : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. A l'exception de leurs ressortissants détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales.

La plainte contre le président Trump et le ministère de la Sécurité intérieure a été déposée devant un tribunal fédéral de New York. Les associations exigent notamment la libération de deux citoyens irakiens, porteurs de visas, interpellés vendredi soir à l'aéroport JF Kennedy sur la base du décret qui venait à peine d'être promulgué. Plus généralement, le décret a semé la confusion et parfois la panique, chez les voyageurs en partance pour les Etats-Unis.

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Donald Trump a justifié cette mesure par sa volonté de stopper l'entrée éventuelle sur le territoire américain de "terroristes islamiques radicaux". Le décret s’appelle d’ailleurs "Protéger la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis". "C'est du lourd", a expliqué le président républicain.

Je mets sur pied de nouvelles mesures de contrôle pour maintenir hors des Etats-Unis les terroristes islamiques radicaux. Nous ne les voulons pas ici. Nous voulons être sûrs que nous ne laissons pas entrer dans notre pays les mêmes menaces que celles que nos soldats combattent à l'étranger.

Le décret de la Maison Blanche concerne même les étrangers qui disposent d’un permis de séjour, la fameuse "carte verte". La Maison Blanche a finalement fait savoir dans la soirée que si un détenteur d'un permis de résidence permanente aux Etats-Unis en provenance des sept pays cités, se trouve à l'étranger, il ne pourra rentrer sur le sol américain qu'après un entretien avec un agent consulaire avant son arrivée.

Toute la journée les familles, dont un membre voyage à l'étranger, ont craint qu'il ne puisse plus rentrer aux Etats-Unis. La confusion est telle que Google a appelé ses salariés originaires d'un des pays concernés à rentrer aux Etats-Unis en urgence s'ils se trouvent en voyage d’affaire ou en vacances hors du pays.

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Les restrictions concernent également les réfugiés

La présidence a également annoncé l’arrêt pendant quatre mois du programme fédéral d'admission et de réinstallation de réfugiés de pays en guerre, toutes nationalités confondues créé en 1980. Les réfugiés syriens sont eux définitivement interdits d'entrée aux Etats-Unis.

L'ONU, L’Organisation internationale pour les migrations et le HCR ont appelé les Etats-Unis à poursuivre leur tradition d'accueil des réfugiés.

Réactions et réciprocité

Des mesures très critiquées par les membres du parti démocrate mais également par les pays concernés par la mesure. L'Iran a d’ailleurs décidé d'appliquer la réciprocité aux citoyens américains :

La République islamique d'Iran, tout en respectant le peuple américain et pour défendre les droits de ses citoyens, a décidé d'appliquer la réciprocité après la décision insultante des Etats-Unis concernant les ressortissants iraniens et tant que cette mesure n'aura pas été levée.

A Lisbonne, où se déroule le sommet de sept pays du sud de l'Union européenne, François Hollande - qui doit s'entretenir au téléphone avec le président américain, a exhorté l'Europe à "engager avec fermeté" le dialogue avec Donald Trump en particulier à propos de l'accueil des réfugiés.

Quand Donald Trump refuse l'arrivée de réfugiés, nous devons lui répondre

Pour Jean-Marc Ayrault, qui réagissait lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand, Sigmar Gabriel, à Paris, "nous avons des engagements internationaux que nous avons signés. L'accueil des réfugiés qui fuient la guerre, qui fuient l'oppression, ça fait partie de nos devoirs".

A noter, parmi les sept pays concernés par la mesure, ne figure pas l'Arabie Saoudite. Pourtant, la plus part des terroristes du 11 septembre étaient originaires de ce pays.

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