la mort de huit soldats dans un embuscade soulève la colère en tunisie
la mort de huit soldats dans un embuscade soulève la colère en tunisie © reuters

Les islamistes au pouvoir et l'opposition ont commencé hier soir un "dialogue national". Il doit en principe permettre de former un gouvernement provisoire d'union, en attendant de nouvelles élections législatives. Le processus doit durer trois semaines.

À l'issue des discussions, le gouvernement dirigé par Ennahda doit en principe démissionner, puis laisser la place à un cabinet de techniciens chargé de gérer le pays jusqu'à de nouvelles élections. Ce dialogue national doit aussi permettre, justement, de fixer la date de ces élections et de former une commission électorale.

"Le train de la sortie de crise est sur les rails et nous sommes maintenant en voie d'achever notre transition vers les élections", a commenté Rached Ghannouchi, président du parti islamiste modéré, devant la presse.

Ennahda a remporté les élections d'octobre 2011 organisées après le renversement de Zine Ben Ali lors d'un soulèvement populaire. Le parti islamiste est toutefois vivement contesté par l'opposition laïque, ce qui bloque le processus de transition en Tunisie.

Dialogue oui, mais à couteaux tirés

Avant le début de ce "dialogue national", le Premier ministre Ali Larayedh a dû signer une lettre engageant son gouvernement à démissionner au terme de ces pourparlers. Au même moment, lors d'une assemblée générale extraordinaire, le puissant syndicat des forces de sécurité intérieure le rendait responsable des affrontements qui ont opposé la garde nationale à des groupes djihadistes cette semaine.

Le reportage d'Olivier Poujade, notre envoyé spécial en Tunisie.

Les tensions entre religieux et laïcs se sont accrues cette année après les assassinats de deux figures influentes de l'opposition.

En février, l'ancien avocat Chokri Belaïd avait été abattu devant chez lui par des inconnus. Cette attaque meurtrière avait provoqué de grandes manifestations à Tunis et ouvert une crise gouvernementale.

En juillet, Mohamed Brahmi avait été tué de plusieurs balles devant son domicile par deux hommes circulant à moto. La mort du fondateur du Mouvement du peuple (Echaâb) et élu de l'Assemblée nationale constituante (ANC) chargée de rédiger la nouvelle loi fondamentale avait encore accentué les antagonismes dans le pays.

Réduits au silence sous le règne de Zine Ben Ali, les salafistes ont profité de l'arrivée d'Ennahda pour accroître leur influence et essayer, selon les laïcs, d'imposer dans le droit tunisien des dispositions de la loi coranique.

La situation déjà explosive s'est encore aggravée mercredi lorsque sept policiers tunisiens ont été tués lors d'une fusillade survenue pendant une perquisition dans une maison dans laquelle se cachaient des islamistes présumés à Sidi Bouzid.

Ces violences avaient provoqué un report des négociations entre gouvernement et opposition qui devaient débuter ce même jour.

La tension monte en Tunisie
La tension monte en Tunisie © Radio France
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