Gilles Le Guen, surnommé le " djihadiste breton " a été condamné à 8 ans de prison, ce vendredi 15 mai. Il avait été arrêté en 2013 au Mali alors qu’il combattait dans les rangs d’Al-Quaïda au Maghreb Islamique.

A 60 ans, celui qui a été capitaine de la marine marchande, Gilles Le Guen, est le premier condamné sur le fondement d’une loi votée fin 2012 et qui permet de poursuivre des Français soupçonnés d’avoir participé à des actes terroristes à l’étranger ou d’être partis s’y entraîner . Il est très déçu a avoué son avocat à la sortie de l'audience. "Il est déçu évidement parce que Gilles Le Guen a beaucoup parlé à la justice depuis son arrestation, explique Maître Alexandre Vermynck. Ses propos aide d'ailleurs la justice dans d'autres affaires et sa collaboration n'a pas porté ses fruits."

On est dans une affaire très particulière d’un homme converti à l’islam depuis plus de 30 ans, dit Me Vermynck, un homme qui vivait dans le désert depuis plus de 20 ans, qui est arrivé au Nord Mali avant l’arrivée d’Aqmi et qui simplmeent s’est dit, par curiosité, "moi qui suis musulman attaché à un islam rigoureux, je vais voir ce que c’est de vivre dans un état soumis aux lois musulmanes", c'est tout.

"C’est quelqu’un d’original, continue Me Vermynck, quelqu'un de marginal qui a poursuivi 30, 40 ans un chemin vers la connaissance de soi et la religion mais qui ne représentait et ne représentera quand il sortira, aucun danger pour la société française et la société occidentale." L'avocat se réserve déjà le droit de faire appel du jugement du tribunal.

Me Alexandre Vermynck : "On est bien sûr très déçu par ce jugement" >

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Me Alexandre Vermynck, avocat de Gilles Le Guen

Converti à l’islam en 1982, le "djihadiste breton" était parti d’abord au Maroc en 2005, puis en Mauritanie, avant d’arriver au Mali en 2011et de rejoindre les rangs d'Al Quaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), "par curiosité" a-t-il expliqué à son procès. C’est là qu’il a été arrêté fin avril 2013 par les forces spéciales françaises. Plusieurs fois avant d’être interpellé, il était apparu dans des vidéos de propagande , un gilet de la police islamique sur le dos, un fusil-mitrailleur à l’épaule, où il mettait en garde la France, les Etats-Unis et l’ONU contre toute intervention militaire dans le nord du Mali.

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Il affirme avoir été "instrumentalisé"

Pendant l’audience au tribunal correctionnel de Paris, Gilles Le Guen a confessé son "admiration religieuse" pour Oussama Ben Laden, qu’il compare à Che Guevara, mais il a aussi affirmé qu’il était "instrumentalisé" par Aqmi dont il décrit les membres comme "des terroristes n’ayant rien à proposer au peuple" . Il s’est dit aussi "incapable de tuer" et à avouer avoir fait des erreurs comme de promettre l’une de ses très jeunes filles à un des cadres de l’organisation.

Le récit de l'audience au tribunal par Corinne Audouin pour France Inter >

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Corine Audouin au tribunal de Paris pour France Inter

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