Pour remplacer le juge Kennedy, Donald Trump a choisi entre trois juges fédéraux : Brett M. Kavanaugh, Raymond Kethledge and Amy Coney Barrett, Sa décision sera annoncée ce lundi. Quel que soit son choix, on sait que la Cour suprême, qui traite de sujets sociétaux, va basculer dans le camp des conservateurs.

Donald Trump pourrait au final nommer 4 juges à la Cour suprême s'il fait deux mandats
Donald Trump pourrait au final nommer 4 juges à la Cour suprême s'il fait deux mandats © Maxppp / MICHAEL REYNOLDS/EPA/Newscom

Dès que le juge Anthony Kennedy a annoncé son départ à la retraite pour la fin du mois de juillet, la question a été de savoir si son ou sa remplaçant(e) sera anti avortement et si la légalisation de l'IVG allait être remise en cause. 

Kennedy a toujours été une voix décisive sur le maintien de la légalisation de l'avortement aux Etats-Unis (le loi date de 1973) : conservateur, il a tout de même toujours voté pour le maintien des droits des femmes. Parmi les neuf juges, lorsque quatre penchaient du coté des droits des femmes, et quatre contre, il faisait la différence en votant avec les plus progressistes. 

Mais Donald Trump a toujours dit qu'il voulait s'entourer de juges"pro-vie" (contre l'avortement). L'occasion est donc trop belle pour lui : il compte bien nommer un juge plus conservateur sur les questions sociales et sociétales que Kennedy.

D'ailleurs, Trump a prévenu dès janvier 2018 : 

Sous ma présidence, nous défendrons toujours le droit à la vie

Pour remplacer Kennedy, Donald Trump a réduit sa liste de candidats à trois noms, avec tout en haut  le juge Brett M. Kavanaugh, qui a travaillé avec George W. Bush à la Maison blanche. 

Les risques sont donc grands pour le droit à l'avortement, d'autant que Donald Trump lui-même s'est félicité que depuis la légalisation de l'avortement, l'Amérique a un Président , un Vice-Président, une Chambre des représentants et 25 capitales d'Etats  anti-avortement :

Kavanaugh, 53 ans, a participé à l'enquête sur Bill Clinton alors qu'il faisait partie de l'équipe du procureur Kenneth Starr. Il ne s'est pas directement positionné publiquement sur l'avortement, mais il a fait partie d'un groupe de juges ayant participé à un décrêt interdisant à une adolescente sans-papiers en détention de pouvoir avorter. 

Amy Coney Barrett quant à elle, ne fait pas mystère de ses croyances chrétiennes. Fervente catholique, elle est farouchement anti-avortement. Elle est la candidate favorite des chrétiens évangéliques.

En 2016, elle affirmait :

Je ne pense pas que le droit à l'avortement sera remis en cause mais les conditions du droit à l'avortement pourraient être revues : par exemple, interdire les avortements tardifs, ou encore les 'interdictions de pratiquer des avortements imposées à certaines cliniques.

Raymond Kethledge quant à lui ne s'est pas directement exprimé sur la loi autorisant l'avortement mais a affirmé devant le Congrès qu'il ne souhaitait pas que ses convictions personnelles dirigent ses décisions en tant que juge.

Dans tous les cas, les sénateurs doivent valider le choix du Président. Or, les républicains controlent le Senat à une courte majorité. Il est donc important pour Trump que son candidat obtienne le soutien de tous les sénateurs républicains, y compris les modérés. Les modérés qui soutiennent le droit à l'avortement. Par exemple, la sénatrice républicaine Susan Collins a d'ores et déjà annoncé qu'elle ne soutiendrait pas un candidat qui se montrerait hostile au droit à l'avortement. 

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