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Le Bundestag
Le Bundestag © Maxppp

Si les élections législatives de dimanche ont vu le triomphe des conservateurs allemands emmenés par la chancelière Angela Merkel, elles ont signé la sortie des libéraux du FDP du Bundestag et l'émergence d'une nouvelle force, celle des eurosceptiques de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Crédités respectivement de 4,8% et 4,7% des suffrages après le dépouillement de la quasi-intégralité des bulletins de vote, aucune de ces deux formations n'a su franchir les 5% indispensables pour s'assoire au Parlement, mais le score de l'AfD est de nature à encourager toute une frange de la population allemande, hostile à l'Europe et tout particulièrement à l'euro, un an avant les élections européennes.

Pour le FDP, en revanche, la pilule est amère. Pour la première fois depuis 1945, ils ne seront pas représentés au Bundestag et ils ne pourront participer à la coalition que la chancelière allemande devra élaborer pour gouverner faute d'avoir obtenu la majorité absolue. Selon les instituts de sondage, le déclin des libéraux est en partie imputable à la progression de l'AfD.

Une dynamique positive pour l'AFD

Bernd Lucke, chef de file de l'AfD a déclaré:

Nous avons proposé une alternative à ceux qui ont été déçus, non seulement par le FDP, mais par tous les autres partis également. Nous avons fait peur aux autres partis. Nous avons rendu la démocratie allemande plus riche et plus forte. Nous pensions que nous pourrions entrer au Parlement, donc nous sommes un peu déçus mais il y a un fort consensus, et nos objectifs restent particulièrement pertinents.

Bernd Lucke a appartenu 33 années durant à la CDU avant de cofonder l'AfD qui prône notamment une expulsion des plus fragiles des pays de la zone euro. Les analystes estiment que l'AfD est dans une dynamique positive et qu'elle pourrait devenir une force avec laquelle il faudra compter.

Fondée par des universitaires et par des entrepreneurs, l'AfD a d'abord été sous-estimée dans les études d'opinion qui l'assimilaient à un parti bâti sur une idée unique, le rejet de l'Europe, et faisant appel au sentiment anti-immigrés. L'AfD s'est défendu de toute xénophobie, choisissant d'ailleurs de ne pas évoquer la question de l'immigration dans sa campagne et il s'est avéré qu'elle a réussi à prendre des voix à tous les partis politiques tout en tentant de séduire les abstentionnistes.

Carsten Koschmieder, analyste politique à l'Université libre de Berlin estime:

L'AfD a surpassé les anticipations de la plupart des sondeurs et elle a eu un impact fort sur les résultats parce qu'ils ont pris des voix à tous les autres partis. Ils ont infligé de lourdes pertes au FDP.

Les libéraux-démocrates, fervents défenseurs du libre marché et de valeurs proches du libertarianisme, ont vu leur score plonger de 14,6% en 2009 à moins de 5% cette année. Lors des précédentes élections, ils avaient fait campagne en promettant des baisses d'impôts qu'ils n'ont pas été en mesure de mettre en oeuvre. Le camouflet de dimanche a choqué ses partisans, pour certains au bord des larmes.

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