Avec la Coupe du monde féminine de football, la place de la femme dans les différentes sociétés se retrouve sur le terrain : très présente dans les pays les plus libéraux, engagée sur le continent africain et en voie de développement dans le monde arabe.

L’équipe jordanienne féminine de football lors d’un match de qualification pour les JO de 2016 à Rio. Deux ans plus tard, leur pays accueillait la Coupe d’Asie féminine.
L’équipe jordanienne féminine de football lors d’un match de qualification pour les JO de 2016 à Rio. Deux ans plus tard, leur pays accueillait la Coupe d’Asie féminine. © AFP / KHALIL MAZRAAWI

Si des compétitions féminines ont existé avant la première coupe du monde organisée par la fédération internationale, l’épreuve organisée par la Fifa, de par sa régularité et la cohérence de son déroulé dans le temps, donne des éléments d’étude comparables. D’où il ressort par exemple que, en 28 ans d’existence, elle n’a jamais propulsé d’équipe arabe au sommet, pas plus qu’elle n’en a qualifiée d’ailleurs.

Pourtant, même si l’édition 2019 de la Coupe du monde féminine de football ne sera pas la première à accueillir une équipe de la sphère arabo-musulmane, cela ne signifie pas que le football féminin n’existe pas au Moyen-Orient. Le nombre d’équipes et l’engagement des pratiquantes a même plutôt tendance à progresser, notamment dans les pays où le football au masculin est déjà prisé.

Montée en puissance

L’organisation par le Qatar de la prochaine Coupe du monde n’est sans doute pas étranger au phénomène. Parce que cette Coupe du monde tant décriée permet aussi aux femmes arabes de découvrir le football.

Ainsi, des pays longtemps réfractaires à l’exposition publique des femmes, comme l’Arabie saoudite, voient dans leur équipe féminine un gage de modernisation : elles peuvent entrer dans les stades et jouer au foot depuis… 2017. Mais d’autres, comme l’Autorité palestinienne, l’Algérie ou le Liban (pour ne citer que ceux-ci), ont toujours encouragé la pratique. Leurs équipes, qu’elles relèvent de la Confédération africaine de football (CAF) ou de la Confédération asiatique (AFC), participent régulièrement aux compétitions régionales.

En 2018, la Coupe d’Asie de football féminin réunissait 8 équipes en Jordanie, parmi lesquelles celle du royaume hachémite, qualifiée d’office, mais vite éliminée. La même année, en Afrique, l’Algérie gagnait sa place dans les phases finales de la compétition féminine au Ghana, sans pour autant dépasser le stade de la phase de poules.

Vitrine internationale

La plupart des joueuses, la plupart des équipes, recherchent la visibilité internationale. À l’instar de Honey Thaljieh, cofondatrice de l’équipe nationale palestinienne féminine de football :

Le football est un outil politique fort au service de la cause palestinienne, mais il permet aussi de lutter contre les préjugés attachés aux femmes.

Honey Thaljieh est aujourd’hui directrice de la communication vers les entreprises à la Fifa et en parlant avec cette ancienne capitaine de l’équipe palestinienne, on comprend que pour elle, le football féminin est "beaucoup plus qu’un jeu".

Des préjugés, Houria Al-Taheri, ancienne gardienne de buts des Emirats arabes unis (EAU), en elle aussi a fait tomber. En 2010 notamment, en remportant une compétition internationale féminine en Asie face à l’Irak. A l’époque, son équipe avait réalisé l’impensable. "Les gens ont commencé à croire en nous", explique celle qui est devenue la première femme entraîneure de l’équipe féminine des EAU.

Et même si "le football féminin n’en est encore qu’à ses balbutiements dans le monde arabe", pour Houria Al-Taheri, à Abou Dhabi, il est devenu un levier pour l’amélioration de la condition de la femme. "C’est une question de temps", estime la sélectionneuse émirienne.

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