Bidonville de Tondo (Philippines)
Bidonville de Tondo (Philippines) © / Dewald Brand/Miran pour Oxfam

Selon un rapport publié aujourd’hui par Oxfam, les inégalités croissantes créent un monde où 62 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Ils étaient 388 il y a cinq ans.

Le patrimoine de la moitié la plus pauvre de la population mondiale s’est réduit de mille milliards de dollars depuis 2010 . Pourtant, la population mondiale a augmenté de 400 millions de personnes dans le même temps.

► ► ► DOCUMENT | Lire le résumé du rapport d'Oxfam (PDF)

La richesse des 62 premières fortunes mondiales (dont 53 sont des hommes et seulement 9 sont des femmes), a augmenté de plus de 500 milliards de dollars pour atteindre un total de 1 760 milliards.

Nous ne pouvons pas continuer à laisser des centaines de millions de personnes souffrir de la faim, alors que les ressources qui pourraient les aider sont amassées par quelques personnes en haut de l’échelle, explique Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam France.

Si les inégalités ne s’étaient pas aggravées au sein des pays entre 1990 et 2010, 200 millions de personnes supplémentaires auraient pu sortir de la pauvreté.

Fossé grandissant entre hauts et bas salaires

Le revenu annuel moyen des 10 % les plus pauvresa augmenté de moins de 3 dollars par an au cours de ce dernier quart de siècle. Pour chacune de ces personnes, cela revient à une augmentation de son revenu quotidien de moins d’un centime par an.

En revanche, les personnes déjà fortunées ont bénéficié d’un taux de rendement du capital (intérêts, dividendes, etc.) constamment plus élevé que le taux de croissance économique.

Les plus pauvres de plus en plus nombreux
Les plus pauvres de plus en plus nombreux © Radio France / Olivier Benis

L'évasion fiscale, première responsable de la pauvreté

Oxfam réclame des mesures urgentes pour faire face à la crise des inégalités extrêmes. En particulier, l’ONG pointe du doigt le rôle que jouentl’évasion fiscale et les paradis fiscaux qui privent les États des recettes fiscales nécessaires pour investir dans des services publics de qualité tels que la santé et l’éducation.

Les multinationales et les grandes fortunes ne suivent pas les mêmes règles que l’ensemble de la population. Le fait que 188 grandes entreprises sur 201 soient présentes dans au moins un paradis fiscal montre qu’il est temps d’agir, selon Manon Aubry d'Oxfam.__

Oxfam appelle à la mobilisation

Oxfam lance une mobilisation et une pétition internationales appelant les États à adopter un plan pour mettre fin à l’ère des paradis fiscaux pour lutter contre les inégalités.

Écoutez le reportage de Bruce de Galzain

Le Forum économique mondialse tiendra du 20 au 23 janvier à Davos, en Suisse, en présence de nombreux dirigeants de la planète (dont le Premier ministre Manuel Valls, le vice-président américain Joe Biden, et le premier ministre grec Alexis Tsipras, mais aussi de représentants de grandes entraprises (Airbnb, Facebook, Cisco etc).

Nous devons interpeller les gouvernements, entreprises et élites économiques présents à Davos pour qu’ils s’engagent à mettre fin à l’ère des paradis fiscaux qui alimentent les inégalités mondiales et empêchent des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté, pour Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam International

Les États commencent à s'engager, mais pas assez vite selon l'ONG, qui se voit reprocher la méthodologie de son rapport. En effet, le patrimoine pris en compte est net, on ignore par exemple la dette d'un Jérôme Kerviel, qui deviendrait l'homme le plus pauvre du monde (avec cinq milliards de dette). Pour Manon Aubry, ça ne change de toute façon pas grand-chose aux résultats de l'étude.

Si on regarde ceux qui sont endettés, c'est une infirme minorité... In fine, on retrouve plutôt ceux qu'on attend : des personnes situées dans des pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne.

Selon Oxfam, neuf entreprises sur dix parmi les partenaires stratégiques du Forum Economique Mondial de Davos sont présentes dans au moins un paradis fiscal.

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