François Compaoré, frère du président déchu burkinabè Blaise Compaoré, a été arrêté ce dimanche à sa descente d'avion à Roissy, en vertu d'un mandat d'arrêt international délivré par le Burkina Faso dans l'enquête sur l'assassinat en 1998 d'un célèbre journaliste critique du pouvoir.

La justice burkinabe soupçonne François Compaoré d'être derrière la mort en 1998 du journaliste d'investigation Norbert Zongo
La justice burkinabe soupçonne François Compaoré d'être derrière la mort en 1998 du journaliste d'investigation Norbert Zongo © AFP / Ahmed OUOBA

L'affaire remonte à 1998, lorsqu'un journaliste burkinabé très critique envers le pouvoir est assassiné. Norbert Zongo et trois autres personnes sont retrouvées mortes, carbonisées, dans leur véhicule dans le sud du Burkina. 

Ce dimanche, la police française a arrêté à sa descente d'avion François Compaoré, le frère de l'ancien président burkinabé Blaise Compaoré, poursuivi pour "incitation à assassinats", par la justice de Ouagadougou.

François Compaoré est toujours, ce dimanche soir, en zone d'attente à Roissy. Retenu par la police, il devait être présenté au parquet général de Paris "sous 48 heures" dans le cadre de la procédure d'extradition, a déclaré son conseil, Me Pierre-Olivier Sur. 

François Compaoré se rendait en France comme très souvent depuis de nombreuses années. Il savait pourtant qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international, délivré en mai dernier et médiatisé depuis le mois de juillet, dans une affaire relancée depuis la chute du régime de son frère aîné Blaise Compaoré il y a trois ans tout juste. 

La justice burkinabe le soupçonne d'être derrière la mort en 1998 du journaliste d'investigation Norbert Zongo. Ce sont des documents retrouvés à son domicile qui ont relancé les soupçons contre celui que l'on surnommait "le petit président", homme de l'ombre d'un régime qui a régné durant 27 ans. Norbert Zongo enquêtait sur l'assassinat du propre chauffeur de François Compaoré. La famille de Norbert Zongo a toujours accusé les deux frères Compaoré d'avoir fait éliminer le journaliste le plus dérangeant du Burkina-Faso.

Maître Pierre Olivier Sur dénonce ce dimanche soir une manœuvre politicienne dans un dossier sans aucune preuve, sans le moindre début d'un indice grave et concordant, selon lui. Si c'est le cas, le parquet général à Paris, puis un juge d'instruction, peuvent tout à fait décider de ne pas exécuter le mandat d'arrêt international à l'encontre de François Compaoré.

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