Recep Tayyip Erdogan veut en faire le plus grand aéroport du monde, conçu pour voir défiler 200 millions de voyageurs chaque année. Il inaugure le site ce lundi, malgré quelques retards de construction. Mais le site est déjà vivement critiqué : trop grand, trop coûteux, et surtout écologiquement désastreux.

Serveur dans le nouvel aéroport d'Istanbul lors d'une présentation à la presse le 25 octobre
Serveur dans le nouvel aéroport d'Istanbul lors d'une présentation à la presse le 25 octobre © AFP / Bulent Kilic

Ce 29 octobre, c'est la fête nationale en Turquie. L'occasion rêvée, pour Recep Tayyip Erdogan, d'inaugurer ce projet pharaonique, qu'il a lui-même commandé : le nouvel aéroport d'Istanbul. Un de ces "projets fous ", comme les désigne lui-même le président turc, qu'il compte léguer à la ville d'Istanbul.

Soit un aéroport de six pistes, bâti sur 76 millions de mètres carrés, conçu pour accueillir 200 millions de voyageurs chaque année. Cela en ferait le plus grand aéroport du monde, alors que l'actuel est à la dixième place aujourd'hui, avec "seulement" 64 millions de visiteurs annuels.

Pour joindre ce nouvel aéroport par la route, depuis le centre-ville, il faut remonter vers le nord pendant une trentaine de kilomètres et arriver dans ce qui était, autrefois, une forêt. Une zone "protégée", explique l’urbaniste Orhan Demir : "Depuis 1980 et le premier plan d’aménagement d’Istanbul, qu’on appelle la 'Constitution d’Istanbul', tous les plans excluaient catégoriquement d’étendre la ville vers le Nord, pour protéger ses espaces verts considérés comme le poumon de la mégapole. On a violé cette Constitution."

Le "poumon vert" de la ville souffre déjà

Pour l’instant, seules cinq destinations seront desservies par Turkish Airlines, la compagnie nationale turque, au départ de l’aéroport. Ce n’est que le 31 décembre, sauf retard, que l’aéroport atteindra sa capacité intermédiaire, de 90 millions de passagers par an.

Mais avant même que le premier avion décolle, le "poumon vert" a déjà souffert, accuse la militante écologiste Ayse Yikici.

"C’était une faune extraordinaire, des sangliers aux loups, une flore tout aussi riche, avec des plantes uniques au monde… Un véritable écosystème. Les conséquences sont déjà visibles. Dans le nord d’Istanbul, les habitants constatent un nombre de plus en plus élevé d’oiseaux morts. Les gens les retrouvent en pleine ville, sur leurs balcons."

Des critiques balayées par Recep Tayyip Erdogan, qui dévoilera ce lundi le nom du tout nouvel aéroport.

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