L'un des plus puissants généraux iraniens, Qassem Soleimani, a été tué dans la nuit de jeudi et vendredi dans un raid mené par les États-Unis sur l'aéroport de Bagdad, en Irak. Une attaque qui intervient dans un climat de tensions déjà fortes entre Washington et Téhéran. L'ayatollah Khamenei a appelé à "la vengeance".

Le général Qassem Soleimani
Le général Qassem Soleimani © AFP / Pool / Iranian Supreme Leader Pr / ANADOLU AGENCY

C'est, selon plusieurs responsables américains, un drone qui a frappé dans la nuit de jeudi à vendredi un convoi de forces pro-Iran dans l'enceinte de l'aéroport de Bagdad, en Irak. Au moins huit personnes ont été tuées, et parmi elles, Qassem Soleimani. Ce général, très connu en Iran, est chargé des opérations extérieures de la République islamique d'Iran : en quelque sorte, l'homme qui exportait la révolution islamique en dehors des frontières de l'Iran. Il était très influent en Syrie, au Liban et en Irak.

Le chef opérationnel des Hachd al-Chaabi, milices pro-Iran en Irak, a aussi été tué. Le raid américain a été ordonné par Donald Trump, qui a simplement tweeté un drapeau américain. Une frappe pour "éviter de nouveaux projets d'attaques iraniens", selon le Pentagone. Washington soupçonnait Qassem Soleimani d'avoir orchestré des attaques contre des bases de la coalition en Irak ces derniers mois. 

Climat de tensions accentué

Ce raid intervient dans une période de tensions entre l'Iran et les États-Unis, en particulier sur le territoire irakien, qui se sont accentuées depuis une semaine. Washington, qui a depuis 2003 et la chute de Saddam Hussein la main sur les affaires irakiennes, voit sa présence fortement contestée par des mouvements pro-Iran, appuyés par Téhéran.

Une dizaine d'attaques à la roquette ont visé depuis octobre dernier des soldats et diplomates américains en Irak. Les États-Unis ont d'ailleurs riposté dimanche en Irak en tuant 25 miliciens pro-Iran. Leur ambassade à Bagdad a été prise pour cible par des manifestants mardi. 

Appels à la vengeance

Des responsables iraniens appellent déjà à la vengeance, en premier lieu desquels le Guide suprême Ali Khamenei : l'ayatollah a déclaré qu'une "terrible vengeance" attendait les "criminels" responsables de la mort du général. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif parle d'une "escalade extrêmement dangereuse". Téhéran a convoqué le diplomate suisse chargé de représenter les intérêts américains. Ce raid américain ouvre une nouvelle séquence totalement imprévisible au Moyen-Orient. Vendredi matin, l'ambassade américaine a appelé tous ses ressortissants en Irak à quitter le pays "immédiatement". 

A Bagdad, des Irakiens opposés au pouvoir irakien soutenu par l'Iran sont sortis manifester leur joie dans les rues. Aux États-Unis, des ténors républicains ont félicité vendredi matin le président Trump pour "son action courageuse". Un élu démocrate, Eliot Engel, a précisé que cette attaque avait été menée "sans notification ni consultation avec le Congrès", ajoutant être "profondément inquiet quant aux répercussions" de cette frappe. Le cours du pétrole a fait un bond de 4% après l'annonce de la mort du général Soleimani. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.