le kenya cherche cadavres et indices après l’attaque de westgate
le kenya cherche cadavres et indices après l’attaque de westgate © reuters

Une semaine après le déclenchement de l'attaque contre un centre commercial de Nairobi, des journaux kényans affirment que les services de renseignements avaient été alertés il y a un an de projets d'attentat suicide visant notamment le Westgate Mall.

Trois quotidiens, The Nation, le Standard et le Star, relaient ces informations en Une de leur édition de samedi. Ils affirment que le NIS, le service de renseignement kényan, a été prévenu dans l'année écoulée de la présence à Nairobi de militants présumés des Chabaab somaliens, qui ont revendiqué l'assaut.

Des informations obtenues par le NIS précisaient également que le centre commercial de Westgate, le plus luxueux de la capitale kényane, au même titre qu'une église de la ville étaient la cible de projets d'attentat.

Le quotidien The Star s'appuie notamment sur un briefing du NIS daté de février dernier et alertant d'une possible attaque armée au Kenya similaire au raid mené en 2008 à Bombay où des militants avaient semé la mort pendant trois jours. Dès lors, s'interrogent ces journaux, les autorités kényanes ont-elles fait preuve de négligence ? "La réponse ne peut être ni oui, ni non", a répondu Mutea Iringo, secrétaire principal du ministère de l'Intérieur, joint par Reuters.

"Chaque jour, nous recevons des renseignements et nous agissons en fonction de ces renseignements. De nombreux projets sont déjoués. Mais le fait d'avoir une information ne signifie pas que rien ne pourra se produire", a-t-il ajouté. "Ce que nous disons, c'est que nous sommes en guerre et que chaque jour, de jeunes Kényans sont radicalisés par les Chabaab pour tuer d'autres Kényans."

La commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement doit se réunir lundi et pourrait demander des éclaircissements aux responsables de la sécurité. L'attaque a été fatale à 61 civils et six membres des forces de sécurité. Cinq des membres présumés du commando ont également été tués lors des affrontements avec les forces de sécurité. Huit autres personnes sont actuellement en garde à vue, selon les autorités kényanes.

Mais, alors que le président Uhuru Kenyatta a annoncé mardi soir la fin de l'attaque, l'identité pas plus que les nationalités des auteurs de l'attaque n'ont été précisées par le pouvoir kényan, qui souligne que le travail d'identification, auquel participent des experts américains, israéliens et européens, prendra du temps.

Les rumeurs sur l'implication d'une Britannique, Samantha Lewthwaite, veuve d'un des auteurs des attentats suicide commis à Londres à l'été 2005, étayées par les récits de témoins qui ont dit avoir vu une femme blanche armée parmi les membres du commando, n'ont ainsi pas été confirmées par les autorités kényanes ou occidentales.

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L'attaque du centre commercial de Nairobi
L'attaque du centre commercial de Nairobi © Radio France
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