Ricardo Rossello a finalement démissionné. Des dizaines de milliers de manifestants défilaient ces derniers jours dans les rues de la capitale San Juan après des propos misogynes et homophobes tenus par le gouverneur et son équipe. Il a finalement jeté l'éponge.

Dimanche 17 juillet, des dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Porto Rico
Dimanche 17 juillet, des dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Porto Rico © Getty / Jose Jimenez

Ricardo Rossello a essayé de tenir. Le gouverneur très controversé de Porto Rico avait affirmé dimanche qu'il ne démissionnerait pas. Tout juste avait-il consenti à ne pas se représenter pour un nouveau mandat.

Mais les manifestations, soutenues par des artistes d'origine portoricaine comme le chanteur Ricky Martin, le lâchage de Donald Trump et les arrestations de membres du gouvernement pour corruption ont eu raison de sa détermination. Dans son message télévisé, le gouverneur écrit :

"Je vous annonce que je démissionnerai du poste de gouverneur. J'espère que Porto Rico continuera à être uni et à avancer comme il l'a toujours fait. Et j'espère que cette décision sera un appel à la réconciliation citoyenne."

Il a annoncé qu'il démissionnerait le 2 août.

Des dizaines de milliers de manifestants dans les rues

La capitale, San Juan, n'avait jamais été aussi noire de monde. Les manifestations monstres, avec celle de dimanche dernier en point d'orgue, ne réclamaient qu'une chose : la démission du gouverneur.

Le hashtag "Ricky démission !" omniprésent lors des manifestations à Porto Rico
Le hashtag "Ricky démission !" omniprésent lors des manifestations à Porto Rico © AFP / JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Tout s'est emballé après la publication dans la presse le 13 juillet de centaines de messages envoyés par le gouverneur et plusieurs membres de son gouverneur via la messagerie cryptée Telegram. Or, il s'agit pour la plupart de messages à caractère misogyne et homophone, comme par exemple ceux concernant le chanteur ouvertement homosexuel Ricky Martin.

Les manifestations monstres et les enquêtes judiciaires ont eu raison du gouverneur de Porto Rico Ricardo Rossello
Les manifestations monstres et les enquêtes judiciaires ont eu raison du gouverneur de Porto Rico Ricardo Rossello © AFP / RICARDO ARDUENGO

L'île des Caraïbes, territoire non incorporé des États-Unis, est en récession depuis une dizaine d'années, et les ravages du passage de l'ouragan Maria en 2017 n'ont fait qu'aggraver une situation économique déjà critique.

La corruption au cœur du conflit

Alors que l'île a été déclarée en banqueroute en mai 2017, l'administration Rossello aurait détourné des fonds destinés à l'aide après le passage de l'ouragan Maria. Le ministère de la Justice avait indiqué mardi que des mandats de perquisition avaient été émis contre le gouverneur et les onze autres personnes impliquées.

Ricky Martin mouille la chemise

Le chanteur Ricky Martin à la manifestation du 17 juillet dans les rues de San Juan, capitale de Porto Rico
Le chanteur Ricky Martin à la manifestation du 17 juillet dans les rues de San Juan, capitale de Porto Rico © AFP / ERIC ROJAS

Lui-même visé par certains propos homophobes dans les messages de l'équipe gouvernementale sur Telegram, Ricky Martin est monté au créneau sur les réseaux sociaux avant de quitter Los Angeles la semaine dernière pour participer aux manifestations.

Menaces de destitution

Le président de la chambre des Représentants avait prévenu mercredi après-midi que si le gouverneur ne démissionnait pas, une procédure de destitution serait menée à son encontre. Il a indiqué qu'un comité de juristes mis en place par ses soins avait conclu qu'il y avait matière à des poursuites contre le gouverneur. Leur rapport, dévoilé par Telemundo, a identifié cinq délits possibles dans la conversation sur Telegram, notamment malversation de fonds publics.

Ancienne colonie espagnole devenue territoire américain avec un statut spécial d'"État libre associé", Porto Rico, qui peine à se relever de l'ouragan Maria, est secoué par un scandale de corruption. Six responsables locaux sont accusés d'avoir détourné quinze millions de dollars de fonds fédéraux destinés à la reconstruction après l'ouragan.

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