Le groupe État islamique progresse dans Kobané
Le groupe État islamique progresse dans Kobané © Reuters

Les djihadistes du groupe État islamique contrôlent désormais plus d'un tiers de Kobané, malgré les frappes américaines et la résistance des combattants kurdes, a rapporté jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les combattants djihadistes, qui sont parvenus lundi à hisser leur drapeau noir à l'extrémité est de Kobané, n'ont pas été stoppés par les raids aériens de la coalition emmenée par les États-Unis qui ont pourtant redoublé d'intensité.

"Le drapeau noir des djihadistes n'est qu'à six kilomètres." Reportage de notre envoyé spécial en Turquie, Philippe Randé

"Le groupe État islamique contrôle plus d'un tiers de Kobané : tous les quartiers est, une petite partie du nord-est et un secteur dans le sud-est", a déclaré jeudi le directeur de l'OSDH, Rami Abdelrahman, qui dispose, depuis la Grande-Bretagne, d'un réseau de sources et d'informateurs sur le terrain.

Batailles de rue

Esmat al Cheikh, chef des forces kurdes à Kobané, a confirmé qu'une large partie de la ville, dans sa partie orientale, était désormais aux mains des djihadistes. "Les affrontements se poursuivent, des batailles de rue", explique-t-il.

Notre envoyé spécial à la frontière turco-syrienne, Philippe Randé, a rencontré un combattant kurde de retour du front. Portrait

Toute la journée, des explosions ont résonné dans la ville, audibles du côté turc de la frontière d'où l'on voit aussi les panaches de fumée noire qui s'élèvent au-dessus de la ville. L'armée américaine assure que les combattants kurdes des unités de protection du peuple (YPG), qui se plaignent pourtant de manquer d'armes, semblent tenir bon face à l'avancée des djihadistes.

Appels à l'aide désespérés

Dans un communiqué, le Commandement central des forces américaines, qui couvre notamment le Moyen-Orient, rapporte que les "indications montrent que cette milice kurde continue de contrôler la majeure partie de la ville et tient face aux djihadistes de l'organisation État islamique".

La prise de Kobané permettrait au groupe terroriste de renforcer son contrôle sur les territoires du nord de la Syrie frontaliers de la Turquie. Les défenseurs kurdes de la ville lancent des appels à l'aide désespérés en affirmant que la chute de Kobané se terminera par un massacre.

Les peshmergas de Syrie sont moins nombreux et moins bien formés que ceux d'Irak. Explications de Luc Lemonnier

Environ 200.000 personnes ont déjà fui vers la Turquie pour échapper aux djihadistes, qui contrôlent de vastes territoires en Syrie et en Irak. D'après l'Onu, il ne reste plus que quelques centaines d'habitants à Kobani. Le Parlement turc a autorisé le 2 octobre une intervention militaire en Syrie et en Irak mais les chars turcs positionnés à la frontière face à Kobani sont jusqu'à présent restés immobiles.

Colère des Kurdes de Turquie

La Turquie est engagée dans un processus de paix avec sa propre minorité kurde. Or elle a accueilli avec méfiance la création en 2013 d'une administration autonome par le Parti de l'union démocratique kurde (PUD) dans trois cantons du nord-est de la Syrie abandonnés par le régime de Bachar al Assad.

L'immobilisme des autorités turques face à la situation à Kobani suscite la colère des Kurdes de Turquie, qui ont manifesté par milliers mardi à travers le pays, ce qui s'est soldé par au moins 25 morts dans des affrontements avec les forces de l'ordre.

La Turquie hésite à s'engager
La Turquie hésite à s'engager © Idé
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