Au moins 142 personnes ont été tuées ce vendredi dans un triple attentat suicide à Sanaa, au Yémen, selon des sources médicales. Les attaques qui visaient deux mosquées, ont été revendiquées par l'organisation terroriste Etat islamique.

Un Houthi, après le triple attentat contre les mosquées à Sanaa le 20 mars
Un Houthi, après le triple attentat contre les mosquées à Sanaa le 20 mars © Reuters / Mohamed al-Sayaghi

La mosquée Badr, située au sud de Sanaa, la capitale du pays, était remplie de fidèles venus assister à la grande prière du vendredi lorsque deux kamikazes se sont fait exploser ce midi. Au même moment, un troisième homme déclenchait sa bombe dans une mosquée du nord de la ville.

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Les secours évoquent 142 morts et des centaines de blessés . Cette attaque est la plus meurtrière commise dans le pays depuis fin janvier, date à laquelle des miliciens chiites, les Houthis, se sont emparés de la capitale. Selon une source médicale, un important responsable religieux de la milice, Al-Mourtada ben Zayd al-Muhatwari, a été tué dans les attentats. Il s'agit également des premières attaques revendiquées par l'EI au Yémen , où le groupe jihadiste sunnite le mieux implanté est Al-Qaïda.

Risque de guerre civile

Depuis le début de l'année, le Yémen s'enfonce dans le chaos politique. Le gouvernement a démissionné fin janvier et le président reconnu par la communauté internationale, Abd-Rabbou Mansour Hadi, a fui la capitale Sanaa pour se réfugier dans le Sud, à Aden. Le pays est presque divisé en deux . Soupçonnés d'être soutenus par l'Iran, les Houthis ont étendu leur influence à l'ouest et au centre.

Si les forces gouvernementales peinent à résister, ce n'est pas le cas d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). L'organisation terroriste d'obédience sunnite a revendiqué de nombreux attentats visant les Houthis, chiites, depuis septembre. Les espoirs suscités par l'ouverture d'un dialogue destiné à sortir le Yémen de la crise, parrainé par l'ONU, sont quasiment morts et les observateurs évoquent un risque de guerre civile .

Une Française enlevée à Sanaa, au Yémen
Une Française enlevée à Sanaa, au Yémen © Radio France / Idé
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