Attaque contre un musée à Bardo, à côté du Parlement tunisien.
Attaque contre un musée à Bardo, à côté du Parlement tunisien. © MOHAMED MESSARA / maxppp

23 personnes dont 20 touristes ont perdu la vie mercredi dans une attaque menée par des hommes armés contre le musée du Bardo, à Tunis, selon un dernier bilan fourni ce jeudi par le ministère tunisien de la Santé. Deux Français ont été tués. Les assaillants, qui s'étaient retranchés dans le bâtiment, ont été abattus.

L'attentat a finalement été revendiqué, près de 24 heures après le drame, par le groupe État islamique dans un enregistrement audio. Les djihadistes y rendent hommage aux deux assaillants, qualifiés de "chevaliers".

Une centaine de touristes se trouvaient dans le musée du Bardo, le plus célèbre du pays, lorsque "deux hommes ou plus, armés de Kalachnikov" ont fait irruption à la mi-journée, selon le ministère tunisien de l'Intérieur.

D'après des témoins, des coups de feu ont retenti à l'intérieur et à l'extérieur du bâtiment. Au total, 23 personnes ont été tuées, dont deux Français mais aussi des touristes polonais, italiens, allemands et espagnols.

Marilyne était à l'intérieur du musée au moment du carnage. Elle a reçu une balle dans la jambe.

"L'opération est terminée", a annoncé le porte-parole du ministère vers 16 heures, soit environ quatre heures après le début de la crise. "Il y a une possibilité, mais pas de certitude, (que les deux assaillants tués) pourraient avoir été appuyés par deux ou trois éléments et nous menons de vastes opérations de recherches pour identifier ces deux ou trois terroristes", a-t-il ajouté.

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête sur l'attaque.

Hier soir, des centaines de personnes incrédules se sont rassemblées sur la célèbre avenue Bourguiba à Tunis. Notre envoyé spécial Philippe Randé était sur place.

Les travaux du Parlement voisin suspendus

Le musée du Bardo, qui abrite une exceptionnelle collection de mosaïques, est mitoyen du Parlement, où les travaux des députés ont été suspendus après les tirs. D'importants renforts policiers ont pris place autour du Parlement et du musée.

La correspondante de RFI, Camille Lafrance, a posté plusieurs clichés sur

"Ces traîtres seront anéantis"

Le président tunisien a promis de "combattre sans pitié" le terrorisme. "Je veux que le peuple tunisien comprenne que nous sommes en guerre contre le terrorisme [...]. Je veux que le peuple tunisien se rassure [...] ces traîtres seront anéantis. Deux ont déjà été identifiés. Nous savons que ce sont les extrémistes toujours, ce qu'on appelle Ansar al Charia, ce qu'on appelle les salafistes djihadistes", a également lancé le président.

Plusieurs organisations extrémistes, dont Ansar al Charia, sont apparues en Tunisie depuis la "révolution du jasmin" qui a mis fin au règne du président Zine ben Ali en janvier 2011. Les autorités estiment en outre à 3 000 le nombre de Tunisiens qui ont rejoint les rangs de groupes djihadistes à l'étranger et craignent que certains ne rentrent pour commettre des attentats dans leur pays. Les autorités tunisiennes ont annoncé mardi le démantèlement de quatre cellules de recrutement djihadistes pour la Libye.

Cette "attaque terroriste" touche le pays pionnier du Printemps arabe qui, contrairement aux autres États ayant vécu des mouvements de contestation en 2011, a jusqu'ici échappé à une vague de violences ou de répression. François Hollande a exprimé la "solidarité de la France" avec la Tunisie lors d'une brève conversation téléphonique avec son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi.

Le musée du Bardo à Tunis.
Le musée du Bardo à Tunis. © Radio France
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