le groupe de mokhtar belmokhtar revendique les attentats au niger
le groupe de mokhtar belmokhtar revendique les attentats au niger © reuters

Des assaillants ont tué cinq personnes dont un Français dans la nuit de vendredi à samedi à Bamako au Mali. Cette attaque a été revendiquée dans un message audio par le groupe islamiste Al Mourabitoune, dirigé par l'Algérien Mokhtar Belmokhtar.

Le groupe Al Mourabitoune a été fondé en 2013 par Mokhtar Belmokhtar lors de la fusion de son propre groupe, les "Signataires par le sang", avec le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Un homme présenté comme un porte-parole du groupe a déclaré dans cet enregistrement d'une minute et demie :

Nous, Al Mourabitoune, annonçons notre responsabilité dans les dernières opérations à Bamako qui ont été menées par les courageux chevaliers Mourabitoune pour venger le prophète Mahomet face à l'Occident infidèle qui l'a tourné en ridicule et pour venger la mort de notre frère Ahmed al Tilemsi.

Ahmed al Tilemsi a été tué en décembre dernier dans la région de Gao (centre du Mali) par l'armée française. Membre fondateur de l'ex-Mujao, il avait participé en 2011 à l'enlèvement de deux Français au Niger et de trois travailleurs humanitaires en Algérie.

Deux suspects arrêtés peu après la fusillade à Bamako ont apparemment été mis hors de cause, a-t-on appris de source proche des services de sécurité maliens.

Ce qu'on sait de Mokhtar Belmokhtar
Ce qu'on sait de Mokhtar Belmokhtar © Radio France

Un Français, un Belge et trois Maliens

► ► ► LIRE | Les circonstances de l'attaque

L'attaque a eu lieu vers une heure du matin quand un homme cagoulé a surgi dans le restaurant La Terrasse et a ouvert le feu. Il s'est enfui à bord d'un véhicule à bord duquel un complice l'attendait. "Alors qu'ils fuyaient par une rue voisine, ils ont tiré sur un ressortissant belge qui était devant son domicile. Il est mort. Un peu plus loin, ils ont approché un véhicule de police et jeté une grenade, tuant le conducteur", a déclaré à Reuters un policier, Falaye Kanté. La police a sécurisé la rue où a eu lieu l'attaque du restaurant, en raison de la présence de grenades qui n'ont pas explosé.

À Bamako, les habitants sont choqués. le reportage de David Baché

À Paris, l'Elysée a dénoncé "avec la plus grande force le lâche attentat perpétré cette nuit au Mali contre un restaurant de Bamako, La Terrasse, dans le quartier des expatriés." Les présidents français et malien ont décidé de prendre des mesures communes pour renforcer la sécurité au Mali, a annoncé dans l'après-midi la présidence de la République française. François Hollande s'est entretenu avec son homologue Ibrahim Boubacar Keïta et "il lui a fait part du soutien total de la France dans la lutte contre le terrorisme", a précisé l'Elysée.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a lui aussi condamné l'attentat et confirméla mort du ressortissant français, identifié comme étant Fabien Guyomard . Quant au ressortissant belge tué, c'était un officier de sécurité de la délégation de l'Union européenne au Mali.

Deux experts internationaux du Service de l'action antimines des Nations Unies (UNMAS) sont au nombre des blessés, selon les premières informations, a déclaré Mongi Hamdi, émissaire spécial de l'Onu pour la mission de maintien de la paix au Mali (Minusma). Deux militaires suisses ont été blessés et se trouvaient samedi dans un état stationnaire mais critique, a déclaré le commandement international des forces armées suisses. L'un d'eux travaillait pour l'UNMAS et l'autre se trouvait à Bamako dans le cadre d'une mission exploratoire, ajouté l'armée. Le chef de l'État malien s'est rendu dans la journée sur les lieux de l'attaque. "Le gouvernement malien a ouvert une enquête et est déterminé à persévérer jusqu'à ce que les coupables soient retrouvés et punis comme ils le méritent", a déclaré le gouvernement.

Deux ans après l'intervention française, le nord du pays reste en proie à l'instabilité. Dans le cadre de son opération antiterroriste Barkhane, l'armée française dispose toujours d'un point d'appui permanent à Gao et d'une base avancée temporaire à Tessalit. À Gao, la foule a lynché samedi deux hommes accusés de préparer un attentat à l'explosif contre un poste de police, a rapporté un témoin.

L'opération Barkhane
L'opération Barkhane © Radio France
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