Un tribunal japonais a jugé anticonstitutionnelle la non-reconnaissance du mariage homosexuel. L'archipel est le dernier pays du G7 à n'avoir pas légalisé l'union entre personnes du même sexe.

Des militants pour l'égalité des droits, après la décision du tribunal de Sapporo ce mercredi
Des militants pour l'égalité des droits, après la décision du tribunal de Sapporo ce mercredi © AFP / STR / JIJI PRESS

Dans un pays vigoureusement traditionaliste, la décision est une victoire pour les militants LGBT+ : ce mercredi 17 mars, un tribunal japonais a estimé que la non-reconnaissance du mariage entre personnes du même sexe était inconstitutionnelle.

De fait, le Japon est le dernier pays du G7 à ne pas reconnaître l'union entre personnes du même sexe. L'État invoque la Constitution de 1947, qui prévoit que le mariage nécessite "le consentement mutuel des deux sexes". Une formulation qui peut donner lieu à plusieurs interprétations mais qui, selon les autorités, ne laisse pas de place au mariage homosexuel.

Dans la décision rendue ce mercredi, la cour de première instance de Sapporo s'appuie sur un autre article de la Constitution, qui souligne que "tous les citoyens sont égaux devant la loi". Il s'agit du premier jugement rendu dans le cadre d'actions en justice engagées en 2019 par une dizaine de couples homosexuels. 

Un chemin encore long

De quoi mettre la pression sur les parlementaires japonais. Pour autant, le combat est encore loin d'être gagné : cela fait des années que le pouvoir japonais, contrôlé par les conservateurs du Parti libéral-démocrate, freine sur le sujet. 

Des documents anciens attestent pourtant de relations entre des samouraïs et d'autres hommes. Mais à mesure que l'archipel s'est ouvert à l'étranger, dans la seconde moitié du XXe siècle, les préjugés occidentaux contre l'homosexualité se sont imposés.

Les mentalités évoluent néanmoins. D'après un sondage publié en novembre par un quotidien conservateur, 61% des Japonais sont aujourd'hui favorables au mariage gay. Depuis 2015, Shibuya, arrondissement effervescent au cœur de Tokyo, propose à ses habitants un "pacte d'union homosexuelle", qui permet aux couples de même sexe de louer un appartement plus facilement ou d'accorder au conjoint un droit de visite en cas d'hospitalisation. Ce "partenariat enregistré" existe également dans plusieurs autres villes japonaises : Osaka, Sapporo, ou encore Fukuoka.